Sécurité routière

Traverser un tunnel routier : consignes et bons réflexes à adopter

Par Maxime
5 minutes

Pourquoi la traversée d’un tunnel demande une vigilance accrue ?


S’il fait partie du paysage routier moderne, le tunnel n’en reste pas moins une infrastructure particulière où la moindre erreur peut avoir de lourdes conséquences. Conduire sous terre modifie radicalement les conditions habituelles de circulation : éclairage artificiel, perception altérée des distances, réverbération des bruits, ventilation spécifique et, souvent, circulation sur une seule file sans possibilité d’arrêt immédiat.
Ces paramètres imposent d’adopter des réflexes adaptés pour garantir la sécurité de tous.


Préparer sa traversée : anticiper avant d’entrer dans un tunnel


Le passage dans un tunnel ne s’improvise pas, surtout si la section est longue ou si le trafic est dense. Avant l’entrée :


  • S’assurer du bon fonctionnement des feux : la réglementation impose d’allumer les feux de croisement (feux de route interdits) bien avant l’entrée, même en pleine journée. Vérifiez aussi que vos feux arrière sont visibles, surtout par temps de pluie ou en cas de pollution lumineuse.

  • Couper tout appareil perturbant : lunettes de soleil inutiles, volume audio diminué, téléphone posé ; tout ce qui peut distraire ou gêner la visibilité doit rester hors d’usage.

  • Relever ses fenêtres : pour limiter la pollution et le bruit, il est conseillé de remonter les vitres avant d’entrer.

  • Régler la ventilation : privilégiez la recirculation d’air si le tunnel n’est pas équipé d’une ventilation puissante ou si une odeur persistante subsiste.


Adapter sa conduite une fois dans le tunnel


L’intérieur d’un tunnel amplifie les risques d’accrochage, d’incendie ou de ralentissement subit. Adopter les bons gestes permet d’éviter les incidents :


  • Respecter les distances : le code de la route impose une distance minimale de sécurité doublée en tunnel, car il est rare de pouvoir dépasser ou s’arrêter aisément.

  • Limiter sa vitesse : respectez scrupuleusement la limitation affichée (généralement 70 à 90 km/h selon la longueur du tunnel) et diminuez-la si la visibilité chute ou si le trafic ralentit.

  • Gardez votre voie : évitez tout changement de file et restez sur votre axe. Toute manœuvre brusque y est encore plus dangereuse.

  • Surveillez l’environnement : attention accrue aux véhicules en panne ou aux personnels d’intervention, souvent difficilement visibles sur les bas-côtés.

  • Ne jamais s’arrêter sans raison : les arrêts sauvages sont strictement interdits. En cas de problème grave, ne vous arrêtez que sur les emplacements d’urgence, balisés et équipés de téléphones d’appel.

  • Utilisez les feux de détresse seulement en cas d’immobilisation : évitez de les allumer pour de simples ralentissements.


Mieux comprendre les panneaux spécifiques en tunnel


Les indications de sécurité y sont omniprésentes. En particulier :


  • Panneaux de limitation de vitesse : signalent le comportement attendu selon le trafic, les travaux ou incidents signalés.

  • Panneaux d’interdiction de dépassement : systématiques dans la majorité des tunnels.

  • Pictogrammes lumineux : affichants des sens de circulation, alertant de la présence d’une issue de secours ou d’une sortie de secours à moins de 100 mètre (panneaux verts avec un pictogramme de porte).

  • Eclairage clignotant : alerte sur un incident ou invite à préparer un ralentissement ou un arrêt.


Que faire en cas d’incident ou de panne dans un tunnel ?


L’immobilisation d’un véhicule dans un tunnel est une situation délicate qu’il convient de gérer sans précipitation :


  1. Dès le moindre incident (panne, accident, fatigue, malaise), activez vos feux de détresse et essayez de rejoindre sans encombrer la voie un renfoncement d’urgence ou une issue signalée.

  2. Arrêtez-vous autant que possible dans la zone prévue, coupez le moteur, quittez votre véhicule (clés et papiers à portée) en prenant votre gilet jaune.

  3. Dirigez-vous immédiatement vers l’issue de secours la plus proche. Celles-ci sont régulièrement espacées (tous les 100 à 300 mètres).

  4. Utilisez les téléphones d’urgence (boîtiers orange) : ce circuit prioritaire assure une prise en charge rapide des secours et la localisation précise du problème.

  5. Ne faites demi-tour sous aucun prétexte, même si le trafic semble à l’arrêt.


En cas d’incendie en tunnel : protocoles vitaux à retenir


L’un des risques majeurs en tunnel reste l’incendie. Certains accidents ont marqué la mémoire collective par leur gravité, aussi il existe des comportements vitaux :


  • Si vous apercevez de la fumée ou une flamme : n’essayez pas de franchir le nuage, rebroussez chemin à pied par les issues de secours si possible.

  • Laissez clés et papiers dans le véhicule : les secours doivent pouvoir le déplacer rapidement si besoin.

  • Ne cherchez pas à récupérer vos affaires personnelles : la rapidité est essentielle.

  • Regroupez-vous avec d’autres usagers et guidez les personnes en difficulté vers la sortie piétonne la plus proche.

  • Signalez votre présence dans la cellule de refuge : elle est protégée contre la fumée, et équipée de communication directe avec les pompiers.


Les équipements embarqués à avoir dans sa voiture


Pour traverser un tunnel en toute sécurité, certains accessoires sont obligatoires ou grandement recommandés :


  • Un gilet de visibilité (obligatoire, à portée de main, pas dans le coffre).

  • Un triangle de signalisation (à n’utiliser qu’en dehors des tunnels, par sécurité).

  • Une lampe de poche ou frontale, utile en cas d’évacuation nocturne ou sur un tunnel mal éclairé.


Les spécificités des tunnels pour les véhicules électriques et hybrides


La transition vers les motorisations électriques soulève de nouveaux enjeux. Si la sécurité passive est comparable, en cas d’incident :


  • L’arrêt d’urgence et l’évacuation suivent la même logique qu’avec une thermique.

  • En cas d’incendie de batterie, il est impératif de se réfugier dans une issue de secours sans attendre.

  • Il n’est plus nécessaire de couper le contact (l’arrêt total suffit), mais gardez votre carte ou clé intelligente accessible aux secours.

  • Rappel : les tunnels équipés de dispositifs de ventilation modernes limitent fortement les risques d’accumulation de gaz toxiques ou de particules volatiles.


Bonnes habitudes : ce qu’il ne faut jamais faire en tunnel


  • Dépasser ou changer fréquemment de voie, même si l’autre semble circuler plus rapidement.

  • Suivre de trop près un véhicule lourd : les camions ou bus masquent les issues de secours et la signalisation.

  • Faire demi-tour ou reculer, même en cas de trafic totalement figé.

  • Utiliser le téléphone en main pour signaler un accident (les balises du tunnel sont prioritaires et géolocalisées).

  • Couper les feux de croisement sous prétexte que l’éclairage est suffisant : ceci reste verbalisable, et la perception de votre véhicule par les autres usagers peut en être affectée.


À la sortie : quelques réflexes à reprendre


La sortie d’un tunnel réclame un petit temps d’adaptation : la lumière naturelle éblouit souvent, la rétine ayant été habituée à l’éclairage artificiel. Ralentissez légèrement, vérifiez la circulation avant de réaccélérer, et replacez vos lunettes de soleil si besoin pour éviter un coup d’éclat soudain.


Conclusion : traverser en toute sérénité, la clé reste la prévention


La traversée d’un tunnel n’est pas un acte anodin, mais avec quelques bons réflexes – préparation, vitesse adaptée, anticipation des incidents et utilisation des équipements de sécurité – elle ne présente pas de difficulté majeure. Les accidents graves sont rares lorsque les règles sont observées, mais chaque automobiliste a la responsabilité d’assurer sa propre sécurité comme celle des autres. Être attentif aux particularités du tunnel, se tenir informé de sa configuration (longueur, nombre de voies, emplacements d’arrêt d’urgence) et ne pas hésiter à repérer à l’entrée le numéro d’appel d’urgence, voilà les clés pour franchir ce passage en toute confiance.


N’hésitez pas à consulter la cartographie des tunnels sur le site officiel de la Sécurité Routière ou les informations routières locales avant un long trajet, et à sensibiliser vos proches, surtout les jeunes conducteurs. Mieux vaut prévenir que guérir, même sous la montagne !

Articles à lire aussi