Sécurité routière

Comment bien ajuster ses feux pour une conduite nocturne sécurisée

Par Maxime
5 minutes

Les feux de route : un élément clé pour la sécurité nocturne


La conduite de nuit présente des risques spécifiques, souvent sous-estimés. Réduite, la visibilité oblige à anticiper obstacles et silhouettes qui peuvent surgir soudainement. C’est pourquoi bien régler ses feux, qu’il s’agisse de codes, de route ou d’antibrouillards, n’est pas seulement une question de confort ; cela devient un point central pour la sécurité de tous les usagers. Un mauvais réglage peut vous éblouir ou, pire, éblouir les autres, et réduire drastiquement votre champ de vision.


Comprendre les différents types de feux


Pour bien ajuster son éclairage, il faut avant tout distinguer les différents dispositifs présents sur une voiture :


  • Les feux de croisement (codes) : utilisés en permanence dès la tombée du jour ou lors de visibilité réduite (pluie, brouillard léger, crépuscule). Ils portent en moyenne à 30-50 mètres devant le véhicule, sans éblouir les autres automobilistes.

  • Les feux de route (pleins phares) : à activer hors agglomération sur route non éclairée, si aucun véhicule n’arrive en face ou n’est précédé. Ils éclairent sur plus de 100 mètres.

  • Les feux de position : pour être vus à l’arrêt ou en cas de stationnement sur la chaussée.

  • Les feux antibrouillard : à l’avant (en cas de brouillard, neige, forte pluie) et à l’arrière (uniquement brouillard épais).


Un bon usage et surtout, un bon réglage de ces différents feux permettent une conduite bien plus sûre et confortable.


Pourquoi le réglage des feux varie-t-il ?


Le faisceau lumineux doit rester suffisamment bas pour ne pas gêner les conducteurs croisés, mais assez haut pour maximiser la visibilité. Or, le poids embarqué (coffre chargé, passagers à l’arrière) modifie l’assiette du véhicule, orientant la lumière trop haut ou trop bas.


Par ailleurs, au fil du temps, l’usure des suspensions et l’affaissement de certaines pièces mécaniques viennent perturber l’angle d’incidence d’origine souhaité par le constructeur. L’ajout d’accessoires, des ampoules inadaptées ou des chocs peuvent aussi dérégler l’alignement initial.


À quels signes savoir que ses feux sont mal réglés ?


  • Vous recevez régulièrement des appels de phare de la part des conducteurs croisés : sans doute, vos codes ou feux de route sont trop hauts.

  • Votre visibilité semble soudainement mauvaise sur routes mal éclairées ou en rase campagne ; vous distinguez difficilement signalisation ou panneaux : vos feux sont alors trop bas et n’éclairent pas assez loin.

  • L’un des côtés éclaire plus que l’autre ou le faisceau paraît déséquilibré.


Comment contrôler le réglage de ses feux ? Les étapes à suivre


Il n’est pas indispensable d’avoir un atelier professionnel pour réaliser un contrôle simple chez soi ou en station-service ; il suffit de suivre ces étapes.


  1. Vérifications préalables
    • Assurez-vous que vos pneus sont correctement gonflés et que le véhicule n’est ni trop chargé ni complètement vide (idéalement, faites le contrôle dans un état « normal » d’utilisation, c’est-à-dire avec le conducteur seul ou avec un léger chargement).

    • Vérifiez aussi la propreté des optiques ; la saleté ou les rayures dispersent la lumière et gomment le bénéfice d’un bon réglage.

  2. Mettez le correcteur de site (s’il existe) sur la position « 0 »

    Les modèles récents embarquent en général une molette sur le tableau de bord permettant d’ajuster en fonction de la charge embarquée. Commencez toujours le réglage avec la molette sur « 0 ».


  3. Positionnez-vous face à un mur ou une porte de garage, de nuit ou dans un endroit sombre

  4. Placez la voiture à 5 mètres du mur

    Maintenez le véhicule à plat, sur une surface horizontale. Mesurez environ 5 mètres (règle ou pas de porte de garage).


  5. Allumez les feux de croisement

  6. Repérez la limite supérieure du faisceau au mur

    Le faisceau doit arriver à la même hauteur environ que le centre des optiques, ou légèrement en dessous (en général 10 cm à 5 m pour la plupart des voitures).


Ajustement manuel : comment faire ?


Sur la plupart des véhicules récents, de petites vis d’ajustement sont accessibles sous le capot, généralement derrière le bloc optique. Elles sont parfois marquées d’un symbole lumineux (une sorte de soleil ou de projecteur). En tournant ces vis, vous pouvez régler l’axe vertical (plus bas ou plus haut) et souvent aussi l’axe horizontal (gauche-droite).


  1. Tournez la vis vers la droite (sens horaire) : le faisceau descend.

  2. Tournez vers la gauche (sens antihoraire) : le faisceau monte.


L’objectif : les deux faisceaux doivent arriver au même niveau, et la coupure vive doit toujours rester en dessous du centre des optiques projecteurs, tout en éclairant largement la chaussée.


Cas particuliers : technologies modernes (LED, xénon, adaptatif)


Les véhicules dotés de phares au xénon ou à LED (parfois matriciels) disposent souvent d’un système d’alignement automatique ou électrique. Un dysfonctionnement dans cette régulation impose généralement un passage en atelier, car la gestion électronique remplace alors l’ajustement manuel. En cas de doute, un message d’alerte s’affichera sur votre tableau de bord.


Certaines voitures premium proposent l’éclairage adaptatif : il module automatiquement la portée et la direction (virages, vitesse, croisement). Vous ne pouvez donc pas « régler » ces feux par vous-même, mais il demeure crucial de faire contrôler le système lors des révisions régulières.


À quelle fréquence vérifier ou régler ses feux ?


Un réglage annuel s’impose avant la mauvaise saison (automne/hiver), ou dès que vous intervenez sur la suspension, changez vos ampoules, ou ressentez un changement dans la visibilité nocturne. Une visite de contrôle au garage, souvent gratuite lors d’opérations promotionnelles (contrôle technique, révision), offre un réglage précis à la machine.


N’oubliez pas : un défaut de réglage peut entraîner une contre-visite au contrôle technique, mais surtout, c’est un acte de prévention majeure en matière de sécurité routière.


Les erreurs à éviter et petits conseils pratiques


  • Ne remplacez jamais une ampoule par un modèle plus puissant que celui préconisé : vous risquez d’éblouir et d’abîmer le porte-lampe.

  • Vérifiez toujours que les deux optiques sont d’intensité et de couleur semblables : un écart gêne votre visibilité et celle des autres.

  • N’utilisez les feux de route qu’en absence de tout usager en vis-à-vis ou devant vous ; repassez en code dès que vous croisez (ou suivez) un véhicule.

  • Nettoyez régulièrement optiques avant et arrière : une fine pellicule réduit de 10 % à 20 % l’efficacité du faisceau — une chute très importante pour la vision nocturne.

  • En cas de doute, faites appel à un professionnel : quelques minutes suffisent en atelier pour un ajustement optimal, souvent pour un tarif modique ou offert lors d’une révision.


Pourquoi ce geste reste un gain quotidien ?


Un éclairage optimal, c’est moins de fatigue oculaire, une détection plus rapide des obstacles, animaux ou piétons, ainsi qu’un risque très réduit d’accident lié à l’éblouissement ou à la surprise. Par ailleurs, être bien vu (et voir) garantit votre sécurité dans des conditions météo difficiles ou sur les itinéraires mal éclairés.


En résumé : adopter la bonne routine pour la conduite de nuit


En ajustant avec soin vos feux de croisement et de route, vous augmentez considérablement votre sérénité sur route dès la nuit tombée. Ce geste simple — parfois négligé — participe pleinement à une conduite responsable, respectueuse de soi, des autres usagers et de la réglementation. Alors, avant de partir pour un long trajet ou dès l’arrivée de l’automne, prenez le temps de vérifier vos optiques : le gain en sécurité, et en confort, est immédiat.


Articles à lire aussi
carnetnomade.com