Sécurité routière

Que faire face à un véhicule d’urgence sur la route ?

Par Maxime
5 minutes

Réagir sereinement lorsqu’une ambulance, un camion de pompiers ou une voiture de police approche


Sur la route, il nous est tous arrivé d’apercevoir dans le rétroviseur une ambulance toutes sirènes hurlantes, un véhicule de police pressé ou un impressionnant camion de pompiers. Quelle que soit la situation, la présence de véhicules d’urgence impose aux automobilistes une réaction immédiate, appropriée et surtout réfléchie. Au-delà du respect du Code de la route, bien gérer le passage des secours peut sauver des vies… et vous éviter une sanction. Que faire concrètement lorsqu’un véhicule d’intervention surgit durant votre trajet ? Carnetnomade.com vous livre les bons réflexes à adopter, illustrés de conseils pratiques pour rouler en sécurité.


Reconnaître un véhicule d’urgence prioritaire :


Il existe deux catégories principales de véhicules d’urgence :

  • Les véhicules d’intervention prioritaires : véhicules des services de police, de gendarmerie, de secours médicaux (SMUR, SAMU, ambulances en mission), de lutte contre l’incendie (pompiers), transports de détenus ou unités de vigilance radiologique. Lorsqu’ils circulent gyrophare et sirène activés, ils bénéficient de la priorité absolue.
  • Les véhicules bénéficiant de simples facilités de passage : taxi en détresse, EDF, GRDF, véhicules de service habilités en intervention, ou ambulances hors urgence. Eux ne sont pas prioritaires mais méritent attention et courtoisie.

Quelle attitude adopter à l’approche d’une ambulance ou d’un véhicule prioritaire ?


La règle générale est : facilitez le passage au maximum, sans mettre en danger les autres usagers ou vous-même. Cela passe par plusieurs étapes :


  1. Gardez votre calme : évitez les gestes brusques ou la panique, même si le véhicule d’urgence se rapproche rapidement.
  2. Identifiez l’origine du danger : repérez rapidement où se trouve le véhicule (rétroviseurs, perception sonore, signaux lumineux).
  3. Évaluez votre environnement : regardez autour de vous (autres voitures, deux-roues, piétons, feux tricolores, carrefours) avant de modifier votre trajectoire.
  4. Soyez prévisible : signalez systématiquement tout changement de voie ou d’allure par le clignotant.
  5. Laissez libre la voie :
    • En agglomération sur une voie unique, collez-vous le plus à droite possible sans monter sur le trottoir.
    • Si besoin et si sécurité le permet, immobilisez-vous quelques secondes.
    • Sur route à double sens ou nationale, rejoignez l’accotement. Si vous êtes bloqué dans un bouchon, recentrez-vous entre les files pour ouvrir un « couloir d’urgence ».
    • Sur autoroute, respectez la « règle de corridor » : écartez-vous sur la droite (ou la gauche pour la file de gauche) pour dégager une voie médiane (appelée aussi « voie de secours »). Cette règle est obligatoire dans de nombreux pays européens et recommandée en France.
  6. Ne suivez jamais le véhicule d’urgence : il ne s’agit pas d’une « ouverture » pour gagner du temps. S’engouffrer derrière ou profiter de la « brèche » peut provoquer un accident et vous expose à une sanction.
  7. Après le passage, reprenez la route prudemment.

Cas particuliers : intersections, ronds-points, bouchons


  • Aux carrefours : Respectez toujours le signal du véhicule d’urgence. Même au feu rouge, le véhicule prioritaire peut passer : vous devez alors lui céder le passage, en vérifiant de ne pas créer un danger. Sortez du carrefour si vous en avez la possibilité. Si l'arrêt est inévitable sans risque, faites-le en maintenant la visibilité du véhicule d'urgence.
  • Dans un rond-point : Ne vous engagez pas si un véhicule prioritaire s’en approche. Si vous y êtes déjà, restez à droite et permettez-lui de passer autant que possible.
  • En embouteillage : Ne bloquez jamais la voie centrale. Garez-vous le plus près possible du bas-côté ou sur la bande d'arrêt d'urgence (si c’est autorisé), en gardant un maximum d’espace pour le véhicule de secours.

Ce qu’il ne faut jamais faire :


  • Mettre brusquement un coup de volant sans regarder.
  • S’arrêter en pleine chaussée sans raison, créant un obstacle invisible pour le véhicule d’urgence ou les autres automobilistes.
  • Utiliser la bande d’arrêt d’urgence sur autoroute (sauf indication contraire ou si vous êtes arrêtés en file – dans ce cas dégagez la voie centrale).
  • Accélérer pour se placer devant le véhicule d’urgence ou profiter de l’ « aspiration ».
  • Utiliser un téléphone ou se filmer durant la manœuvre (danger et infraction).

Sanctions et responsabilités


Céder le passage à un véhicule d’urgence prioritaire est une obligation, inscrite à l’article R415-12 du Code de la route. Ne pas s’y soumettre expose à :

  • 135 € d’amende forfaitaire (4ème classe) et 3 points de retrait sur le permis de conduire.
  • Saisine du véhicule et suspension du permis en cas de mise en danger avérée ou aggravée d’un accident.
  • Responsabilité pénale en cas d’accident empêchant l’intervention des secours, aggravant le pronostic vital des victimes.

Les caméras embarquées (dashcams sur véhicules de secours, radars intelligents) rendent aujourd’hui le constat d’infraction très fréquent.


Focus : les bons réflexes en tant que piéton ou cycliste


  • Ne traversez jamais une rue ou un carrefour à l’approche d’un véhicule d’urgence, même si le feu est vert pour vous.
  • À vélo : Rangez-vous sur le côté droit et laissez passer, arrêtez-vous si nécessaire, même sur une voie cyclable.
  • Redoublez de vigilance à l’approche de sorties de casernes, hôpitaux ou commissariats, surtout en ville.

Formation, affichage, sensibilisation : pourquoi le rappel est nécessaire


Malgré le bon sens, nombre de conducteurs oublient face au stress ou la surprise les consignes les plus élémentaires. Les statistiques routières soulignent que près d’un accident sur cinq impliquant un véhicule de secours concerne une manœuvre d’évitement mal gérée, un refus de priorité ou un comportement inadapté en embouteillage.


Plusieurs initiatives fleurissent sur les autoroutes françaises et dans certaines agglomérations, où panneaux lumineux et spots radio rappellent la « règle du corridor » au public. Certaines auto-écoles incluent désormais un module spécifique « urgence » à leur formation pratique : testez vos réflexes en vous entraînant régulièrement. A l’étranger, notamment en Allemagne, Suisse ou Autriche, la « Rettungsgasse » (corridor de secours) fait partie intégrante du code de la route et son non-respect est lourdement sanctionné.

Impact sur les secours : chaque minute compte !


Derrière le signal d’urgence, il y a souvent une vie à sauver. On estime que chaque minute gagnée peut améliorer de 10 % la survie dans l’arrêt cardiaque. Quelques mètres laissés libres, un geste rapide et approprié, c’est parfois la clé entre vie et mort. Les délais d’arrivée longs des secours sont aussi l’une des principales causes de décès évitables sur la route.


Respecter le passage des secours, c’est non seulement respecter la loi, mais surtout faire preuve de citoyenneté et de solidarité routière.


En synthèse : les clés pour réagir efficacement


  • Anticipez et surveillez en permanence vos rétroviseurs et votre environnement sonore.
  • Agissez calmement, signalez tous vos changements de direction.
  • Laissez toujours un couloir de passage sans créer de danger pour autrui.
  • Respectez les consignes spécifiques à chaque situation (ville, embouteillage, autoroute, carrefour).
  • N’imitez jamais un véhicule d’urgence pour votre propre profit.
  • Sensibilisez vos proches sur ces gestes, la sécurité routière est l’affaire de tous !

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