Sécurité routière

Lever le pied en intersaison : anticiper les pièges du printemps et de l’automne

Par Maxime
5 minutes

Un entre-deux saisonnier qui bouleverse les habitudes de conduite


Avec l'arrivée du printemps ou le retour de l'automne, nombre d'automobilistes se réjouissent de voir revenir la douceur après les rigueurs de l'hiver ou, au contraire, profitent des derniers jours d'été avant la grisaille. Pourtant, ces périodes dites d'intersaison cachent des pièges bien spécifiques sur la route. Les transitions météorologiques, les modifications de la luminosité ou encore l’activité de la faune impactent concrètement notre sécurité au volant. Anticiper ces changements et adapter sa conduite est essentiel pour éviter de mauvaises surprises.


Des conditions de route changeantes : vigilance sur chaussée et visibilité


Le premier piège de l’intersaison réside dans l’état même de la chaussée. Au printemps comme à l’automne, les températures varient rapidement entre le matin, souvent froid, et l’après-midi plus doux. Un problème connu des conducteurs matinaux : le risque de gelée nocturne ou de condensation persistante, qui peut survivre plusieurs heures sur les portions ombragées ou les ponts.


À l'inverse, lors des après-midis ensoleillés, l’asphalte chauffe, libérant parfois des surfaces humides ou grasses laissées par les précipitations précédentes ou les feuilles accumulées. L’automne, la chute des feuilles est une véritable problématique sécuritaire : cumulées au sol, elles forment un tapis glissant redoutable, surtout après une averse ou lors de pluies fines, rendant les distances de freinage nettement plus longues.


La visibilité aussi fluctue beaucoup : en sortie d’hiver, la lumière rasante du soleil matinal ou couchant peut aveugler, alors que brouillard matinal ou petites brumes automnales réduisent la vision des usagers et des obstacles, notamment en campagne ou à l’orée des forêts. Adapter sa vitesse, activer les feux adaptés (croisement ou brouillard selon cas), nettoyer régulièrement pare-brise et optiques deviennent des réflexes à adopter en priorité.


Une météo imprévisible, synonyme de pièges multiples


L’intersaison rime souvent avec instabilité : giboulées printanières, orages soudains, rafales de vent ou encore fortes averses d’automne peuvent survenir sans prévenir. Ces épisodes, parfois brefs mais violents, perturbent instantanément l’adhérence du véhicule et la maîtrise du volant, en particulier sur des chaussées sales, luisantes ou recouvertes de débris naturels.


Pensez à réduire l’allure dès les premières gouttes ou en présence de vent latéral, et maintenez un doublement de la distance de sécurité. Les aquaplanings sont plus fréquents lors de la première pluie sur un sol encore « sale » : pneus mal gonflés ou trop usés, c’est la perte de maîtrise assurée au moindre virage prononcé.


L’automne signe aussi le retour du brouillard parfois dense, surtout au lever du jour, et souvent localisé dans les fonds de vallées ou sur les axes en altitude. Mieux vaut différer son départ ou adapter son itinéraire en cas de visibilité réduite, quitte à prolonger un peu la route pour éviter les axes sinueux à flanc de coteaux.


La faune et la flore : dangers redoublés sur les routes secondaires


Au printemps, la faune est en mouvement : les animaux sortent de l’hibernation ou explorent de nouveaux territoires pour la reproduction. À l’automne, cerfs, sangliers et petits gibiers multiplient aussi les traversées soudaines pour fuir la chasse ou chercher de la nourriture avant l’hiver. Le crépuscule, période de forte activité pour ces animaux, coïncide souvent avec les horaires de retour au travail.


Prudence donc sur les routes secondaires, départementales et zones boisées ! Soyez attentifs à la signalisation temporaire « passage d’animaux », ralentissez à l’approche des zones forestières et restez vigilant aux mouvements suspects en périphérie de votre champ de vision. Un impact avec un gibier peut causer de lourds dégâts matériels… mais aussi des blessures graves.


La vigilance s’étend également aux piétons et cyclistes, plus nombreux dès le retour des beaux jours ou lors des balades automnales. En fin de journée, la baisse de lumière accroît le risque de les voir « trop tard ».


Entretien de la voiture et préparation spécifique


Prendre soin de son véhicule est indispensable entre deux saisons. Le lavage de printemps permet d’ôter sel et impuretés de l’hiver, mais aussi de détecter une usure prématurée des balais d’essuie-glace ou des feux, souvent mis à rude épreuve ces derniers mois.


En automne, un contrôle des pneus est impératif : profil, sculpture, pression… L’adhérence s'amenuise rapidement sur routes humides, voire grasses, et des pneumatiques usés deviennent un facteur de risque majeur. Pensez à la transition vers les gommes hiver si vous habitez en zone montagneuse ou sujette aux premières gelées. Pour tous, vérifiez le fonctionnement du chauffage/désembuage, précieux alliés pour la visibilité des vitres. Un appoint de liquide lave-glace adapté aux températures froides est aussi conseillé.


N’oubliez pas que la batterie supporte mal les variations brutales de température typiques de l’intersaison. Si des faiblesses se sont déjà manifestées en hiver, ne tardez pas à la faire tester ou à la remplacer pour éviter la panne matinale imprévue.


Anticiper pour mieux réagir : adopter les bons réflexes


L’anticipation doit être le maître-mot. Calculez des temps de trajet plus larges pour parer aux ralentissements (liés par exemple à des tracteurs agricoles, fréquents au printemps et en automne) ou à la traversée de villes rendues plus lentes par la pluie ou les travaux d’entretien.


Gérez les situations d’urgence en gardant à l’esprit que freinage et manœuvres d’évitement seront moins performants lors de ces périodes. Gardez toujours une trousse de secours à jour, une lampe de poche et maintenez le chargement de votre téléphone portable pour joindre rapidement les secours en cas d’incident sur route secondaire mal couverte en réseau.


Pour ceux roulant avec enfants ou passagers sujets au mal des transports, l’alternance d’air chaud et froid, et la route sinueuse accentuent parfois leur inconfort. Multipliez les pauses, aérez régulièrement et privilégiez une conduite apaisée.


Focus sur l’assurance et les éventuels sinistres : êtes-vous bien protégé?


Les accidents d’intersaison sont fréquemment dus à une perte d’adhérence, un choc avec la faune ou un accident en visibilité réduite. Pensez à relire votre contrat d’assurance pour vérifier la couverture en cas de collision avec un animal sauvage ou des dégâts liés à des branches tombées après tempête.


Une extension de garantie ou une protection spécifique « bris de glace »/tempête/brouillard peut éviter les mauvaises surprises lors du traitement du sinistre. Certains assureurs proposent aussi une assistance renforcée ou des franchises adaptées aux régions rurales exposées.


Synthèse : l’intersaison, un moment clé pour rester maître de la route


La transition entre hiver et été – ou inversement – n’est jamais anodine pour l’automobiliste averti. Elle impose une attention accrue à l’état de la chaussée, une adaptation permanente de la vitesse et une vigilance redoublée sur la faune, la flore et les aléas météo. Pour voyager sereinement, mieux vaut préparer son véhicule, anticiper les incidents typiques de la saison et ne jamais sous-estimer les conséquences d’un moment d’inattention.


Lever le pied, c’est aussi vivre la route autrement : profiter des couleurs changeantes, contempler un lever de brume printanière ou un coucher d’automne mordoré dans le rétroviseur… mais sans jamais sacrifier la sécurité à la contemplation. Rouler en intersaison, c’est apprendre à rester humble face à une nature parfois capricieuse : prudence et anticipation sont vos meilleurs atouts pour savourer le trajet autant que la destination.

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