Sécurité routière

Animaux sauvages et routes : comment réagir face à une collision ?

Par Maxime
5 minutes

Rencontrer un animal sauvage sur la route : un risque qui concerne tous les conducteurs


À l’approche du printemps et de l’automne, de nombreux automobilistes se retrouvent face à une réalité trop souvent ignorée : les animaux sauvages traversent nos routes en nombre croissant. Chevreuils, sangliers, lapins, renards, voire cerfs ou blaireaux, sont autant d’espèces susceptibles de se retrouver soudain sur votre trajectoire lors d’un trajet de campagne, en périphérie urbaine ou parfois même en pleine ville. Quelles sont les bonnes pratiques pour éviter l’accident ? Que faire – et ne surtout pas faire – en cas de collision ? Tour d’horizon complet pour mieux anticiper et réagir face à ce type d’incident, fréquent sur le réseau routier français.


Pourquoi les collisions avec les animaux sauvages sont-elles en hausse ?


Le phénomène s’explique par plusieurs facteurs. Urbanisation croissante, fragmentation des forêts et champs par les routes, accroissement du trafic routier mais aussi adaptation des espèces à la présence humaine… tout concourt à augmenter la probabilité de croiser un animal sauvage lors d’un déplacement motorisé. Chaque année, selon l’ONCFS* et l’association France Nature Environnement, on recense en France plus de 60 000 collisions déclarées avec de grands animaux, un chiffre vraisemblablement sous-estimé.


  • Périodes à risque : crépuscule et nuit, mais aussi lever du jour, sont particulièrement propices puisque l’activité animale bat son plein tandis que la visibilité baisse.
  • Zones à surveiller : routes en lisière de forêt, passages signalés par des panneaux « Attention animaux », zones agricoles, routes secondaires peu éclairées.

Les conséquences peuvent être dramatiques, aussi bien pour l’animal que pour les passagers du véhicule, d’autant que la maîtrise d’un choc survient souvent à haute vitesse et dans des conditions de surprise totale.


Prévention : anticiper et adopter les bons réflexes au volant


Si le risque zéro n’existe pas, il est possible de réduire grandement la probabilité d’accident par l’adoption de comportements responsables :


  • Adaptez votre vitesse dès que vous traversez une zone boisée, une forêt ou une route à l’approche d’un panneau signalant la présence d’animaux sauvages. Réduire de 10 à 20 km/h offre un temps de réaction nettement supérieur.
  • Soyez particulièrement vigilant au crépuscule et à l’aube. Les animaux sont le plus souvent en déplacement à ces moments.
  • Utilisez les feux de route (si absence de véhicules en sens inverse) pour détecter les yeux des animaux qui reflètent la lumière.
  • Restez attentif aux bords de la chaussée, notamment dans les zones où la végétation est dense.
  • N’hésitez pas à ralentir si vous apercevez des clignements ou des mouvements suspects dans les fossés ou lisières de la route.

Bon à savoir : la plupart des animaux sauvages se déplacent en groupe, même si un seul individu est visible, d’autres peuvent suivre ou traverser aussi soudainement.


Comment réagir si un animal surgit soudainement ?


L’irruption d’un animal sauvage sur la route déclenche souvent un réflexe de panique. Pourtant, certaines réactions sont à éviter absolument :


  • Gardez le contrôle du volant : évitez une manœuvre trop brusque qui pourrait vous faire quitter la route, percuter un arbre ou croiser la trajectoire d’un véhicule en sens inverse.
  • Privilégiez le freinage d’urgence en ligne droite plutôt qu’une tentative d’évitement à vive allure.
  • Gardez la trajectoire autant que possible, surtout sur voie rapide : il vaut mieux un choc frontal avec l’animal (si la collision devient inévitable), plutôt que de risquer un accident grave en emboutissant un obstacle fixe ou autre automobiliste.

Important : klaxonner brièvement peut faire fuir l’animal mais s’avère parfois inefficace s’il est déjà sur la chaussée ou désorienté par vos phares.


En cas de collision : que faire concrètement ?


Si, malgré toutes les précautions, la collision a lieu, il convient de suivre une procédure stricte, aussi bien pour la sécurité des personnes que pour respecter la loi :


  1. Arrêtez-vous le plus rapidement possible et en sécurité : rangez-vous sur le bas-côté si nécessaire, activez vos feux de détresse et votre gilet réfléchissant avant toute sortie du véhicule.
  2. Vérifiez l’état de santé de tous les passagers.
  3. N’approchez pas l’animal blessé ou mort : il peut être dangereux par ses réactions imprévisibles (coups de pattes, morsures) ou porteur de maladies.
  4. Signalez l’accident à la gendarmerie ou police locale : en France, la législation impose de signaler officiellement toute collision avec un animal sauvage de grande taille (sanglier, chevreuil, cerf, etc.).
  5. Contactez le service de voirie ou les secours si l’animal entrave dangereusement la circulation.
  6. Prenez des photos des dommages sur le véhicule et du lieu précis de l’impact pour constituer votre dossier d’assurance.

En option : notez l’heure, la localisation précise et la description de l’animal (espèce, taille, condition), ces informations pourront être utiles pour la déclaration.


Assurance : que couvre votre contrat en cas de collision avec un animal sauvage ?


À la différence d’un accident classique, la collision avec un animal sauvage est prise en charge par la garantie « tous risques » ou l’option « collision avec animaux » dans les formules « tiers plus » de nombreuses compagnies. Il s’agit d’un sinistre non responsable : la franchise prévue au contrat reste généralement due, mais aucun malus n’est normalement appliqué.


  • Pensez à vérifier la présence explicite de la couverture « choc avec animal » ou « dommages tous accidents » dans votre contrat.
  • Déclarez le sinistre à votre assureur dans les cinq jours ouvrés en incluant le maximum d’éléments (rapport d’accident, constat, attestation des forces de l’ordre, photos…).

Dans le cas d’animaux domestiques (chien, vache, cheval…), l’identification du propriétaire ou gardien demeure bien sûr décisive pour établir la responsabilité et le recours éventuel.


Un impact écologique et humain à ne pas sous-estimer


Au-delà du préjudice matériel et du choc émotionnel, ces accidents posent de réels enjeux de préservation de la biodiversité. La mortalité routière affecte localement les populations animales, en particulier chez les espèces protégées ou les jeunes pendant la saison des naissances. Plusieurs initiatives voient le jour : pose de clôtures, passages à faune, panneaux de sensibilisation, systèmes d’alerte innovants ou campagnes d’information auprès des usagers.


Du côté des conducteurs, mieux sensibiliser signifie aussi modifier ses habitudes : éviter le téléphone au volant, être prêt à réagir, planifier ses trajets de nuit avec prudence, modifier sa vitesse au gré du contexte.


Bonnes pratiques : résumé et conseils concrets


  • Ralentissez dans les zones à risque.
  • Restez attentif à la signalisation et au paysage (lisières, cultures, forêts).
  • Préparez-vous à freiner plutôt qu’à dévier brutalement votre trajectoire.
  • Signalez tout accident impliquant un animal sauvage aux autorités compétentes.
  • Conservez la preuve de l’accident pour simplifier vos démarches d’assurance.
  • Faites le point sur la couverture de votre police d’assurance pour éviter les mauvaises surprises.

Pour aller plus loin : comment agir individuellement ?


Chacun peut contribuer à limiter le phénomène : signalez un animal renversé aux autorités pour éviter un suraccident, privilégiez la prudence à l’efficacité lorsqu’un animal s’approche, et ne tentez jamais de déplacer un grand animal sans assistance adaptée. Les collectivités et gestionnaires de routes se mobilisent de plus en plus, mais la vigilance individuelle reste la première barrière contre ce risque très concret.


En conclusion, si la collision avec un animal sauvage peut survenir à tout instant, connaître et appliquer les bons réflexes maximise votre sécurité et celle de vos passagers tout en limitant les conséquences pour la faune. Être attentif, informé et correctement assuré, c’est agir pour une route plus sûre et un environnement mieux préservé.


Articles à lire aussi
carnetnomade.com