Découverte du Renault Austral E-Tech : un SUV hybride à l’assaut des familles
Face à une concurrence féroce et un segment des SUV compacts en pleine effervescence, Renault fait le pari de la technologie hybride avec son Austral E-Tech. Héritier du Kadjar, ce modèle familial mise tout sur l’efficience, la polyvalence et le confort, avec comme promesse une expérience de conduite modernisée et adaptée aux enjeux d’aujourd’hui. Mais cette nouvelle génération d’hybride, élaborée à Douai sur la plateforme CMF-CD, tient-elle ses objectifs ? Notre équipe a mené une semaine d’essai en conditions réelles pour vous livrer un verdict détaillé, du quotidien urbain aux longs trajets autoroutiers en famille.
Un design affirmé et flatteur, parfaitement dans l’air du temps
Dès le premier coup d’œil, l’Austral E-Tech affiche des lignes modernes, musclées, qui tranchent nettement avec l’allure plus sage du Kadjar. Il arbore une calandre prononcée, soulignée par un motif 3D inédit, un capot nervuré et une signature lumineuse en forme de C à LED à l’avant comme à l’arrière. Les flancs dessinés, le toit légèrement fuyant et les jantes jusqu’à 20 pouces soulignent une posture dynamique sans sacrifier l’élégance familiale. La version de notre essai, en finition haut de gamme Esprit Alpine, bénéficie d’éléments exclusifs : badges bleutés, vitres surteintées, toit noir, sellerie spécifique mêlant matières textiles et synthétiques. À noter la palette de couleurs variée et soignée, avec quelques teintes profondes qui valorisent particulièrement le modèle.
Au global, le style de l’Austral attire les regards et séduit par un équilibre de robustesse et de finesse, bienvenu dans ce segment très compétitif.
Vie à bord : espace, modularité et technologie à la française
En s’installant à bord, l’effet “waouh” est bien réel. L’ambiance se veut claire, moderne et chaleureuse. L’instrumentation numérique OpenR est au centre de l’expérience, composée d’un grand écran vertical tactile de 12 pouces, doublée d’un combiné numérique personnalisable devant le conducteur. La qualité d’assemblage a progressé par rapport aux précédentes productions Renault : les matériaux moussés côtoient judicieusement de l’aluminium ou des placages plus classiques dans les versions inférieures.
La position de conduite haute, les rangements généreux (voire astucieux, avec la console centrale coulissante) et le confort des sièges avant participent à une excellente première impression. À l’arrière, l’Austral est l’un des rares du marché à proposer une banquette coulissante sur 16 cm, permettant de moduler l’espace aux jambes ou le volume du coffre selon les besoins. Les passagers profitent de prises USB-C, de vrais accoudoirs et d’une très bonne luminosité grâce à de larges surfaces vitrées.
Côté coffre, comptez entre 430 et 575 litres selon la configuration (en variante E-Tech), ce qui positionne l’Austral dans la bonne moyenne, même si certains rivaux japonais font mieux. Pratique au quotidien, l’accès est aisé grâce à un seuil bas et une ouverture électrique sur les finitions supérieures.
Interface et équipements : le virage numérique de Renault
L’un des points forts de ce SUV hybride réside dans son système multimédia Google Automotive, fluide et réactif, qui surpasse nombre de concurrents par ses fonctionnalités : navigation Google Maps connectée, reconnaissance vocale efficace, accès au Play Store et compatibilité Android Auto/Apple CarPlay. Les menus sont logiques et la personnalisation poussée, même pour les réglages des aides à la conduite ou des graphismes d’instrumentation.
Les technologies d'assistance de dernière génération figurent aussi au catalogue : régulateur de vitesse adaptatif, maintien dans la voie, caméra 360°, parking semi-automatique, affichage tête haute… De quoi sécuriser les trajets et faciliter la manœuvrabilité, y compris avec la direction arrière 4Control optionnelle qui assure un rayon de braquage digne d’une citadine ! Une innovation sensationnelle pour une voiture de ce gabarit.
Technique : l’hybridation E-Tech en détail
Pas de motorisation diesel sur cet Austral, qui mise sur l’essence ou l’hybride. Notre version d’essai E-Tech 200 combine un moteur essence 3 cylindres turbo 1.2L de 130 ch avec deux moteurs électriques (principaux et secondaires) pour une puissance totale de 200 ch. Le tout associé à une batterie lithium-ion de 2 kWh et à une boîte de vitesses automatique intelligente à crabots sans embrayage traditionnel. À usage urbain, le système hybride privilégie la traction électrique jusqu’à 80% du temps selon Renault, la recharge de la batterie étant automatique à chaque décélération ou freinage.
Le conducteur n’a rien à gérer, la gestion des flux d’énergie étant confiée à l’algorithme maison qui privilégie systématiquement l’efficience. Le mode “EV” permet, sur demande, de forcer le roulage 100% électrique mais seulement sur de petites distances et à allure modérée, en raison de la petite taille de la batterie.
Sur la route : douceur, sobriété et agrément familial
Côté conduite, l’Austral E-Tech mise sur le confort et la discrétion. En ville, il surprend par sa douceur de fonctionnement : l’enchaînement essence/électrique reste imperceptible dans la grande majorité des situations, la boîte de vitesses se montrant plus souple que sur la Clio E-Tech de génération précédente. Les accélérations sont franches au feu vert, et les redémarrages en silence renforcent l’agrément de roulage urbain.
Sur route comme autoroute, l’engin isole bien de la route, la suspension ménageant efficacement les passagers même sur revêtements imparfaits. Le mode Hybrid est le plus polyvalent, la mécanique passant de l’électrique à l’essence et inversement selon les sollicitations. Les dépassements sont sécurisants grâce au punch du moteur électrique, même si la sonorité du 3 cylindres peut apparaître présente en pleine charge. Les familiales adeptes de tranquillité apprécieront cette absence de vibration et la direction précise, bien que peu informative.
Impossible de ne pas mentionner la direction 4 roues motrices “4Control Advanced” en option, qui réduit considérablement le rayon de braquage en ville et confère à l’Austral une agilité rare à basse vitesse, tout en assurant une tenue de route plus rassurante dans les enchaînements rapides.
Consommation : le vrai point fort de l'hybride Renault ?
Après plus de 750 kilomètres combinant ville, périphérie, autoroute et départementales, notre relevé de consommation moyenne s’établit à 5,5 l/100 km en conditions réelles, soit légèrement supérieur à la promesse constructeur (4,6 l/100 km). En circulation douce sur petits trajets urbains, l’Austral peut descendre à 4,8 l/100 km, signe de l’efficience de l’hybridation, grâce à une vraie part de roulage électrique à basse vitesse.
Sur route ou en autoroute chargée, la surconsommation reste modérée autour de 6,2 l/100 km, nettement mieux qu’un SUV essence classique qui tournerait à 7,5-8 litres. Les bénéfices sont encore plus évidents en usage péri-urbain, là où la récupération d’énergie est optimale. À noter : la micro-batterie limite les séjours prolongeant en “full électrique”, même si l’on aimerait pouvoir parcourir 10-15 km sans aucun bruit de moteur.
Au final, l’Austral E-Tech ne révolutionne pas l’autonomie d’un hybride, mais propose un compromis très attractif pour ceux qui alternent ville et grands axes, sans l’inquiétude ni les contraintes d’une recharge.
Bilan familial : confort, connectivité et modularité au rendez-vous
En famille, l’Austral brille par son confort général, son espace arrière modulable et ses solutions de connectivité intuitives. Les enfants apprécient la banquette coulissante qui leur permet de jouer sur l’espace, les multiples ports USB et le silence de roulage en électrique. Les parents louent la simplicité des commandes, le GPS lisible et le rapport entre consommation et prestations dynamiques. Les longs trajets mettent en lumière la qualité d’insonorisation et le maintien des sièges, qui évitent la fatigue.
Côté coffre, les 500 litres disponibles dans la pratique (si la banquette est avancée) suffisent à accueillir valises, poussette et équipement de sport. Seule ombre au tableau : le volume réel une fois la batterie E-Tech, la roue de secours et les équipements rangés, qui limite un peu la flexibilité lors des grandes migrations.
Tarifs, finition et concurrence : le bon équilibre ?
L’Austral E-Tech se décline sur trois niveaux d’équipement principaux, de la version “Techno” à la très élégante “Esprit Alpine”. Les tarifs débutent autour de 41 000 € pour la version E-Tech 200, un positionnement proche du Toyota C-HR ou du Hyundai Tucson Hybrid, tout en proposant plus de puissance et des finitions très soignées. Le modèle se distingue par la richesse de son équipement de série, mais l’addition grimpe dès qu’on ajoute la direction 4Control ou les packs technologiques avancés.
En face, Toyota reste la référence pour la sobriété, Nissan Qashqai mise sur la polyvalence, Peugeot 3008 sur le design… mais l’Austral tire son épingle du jeu par sa polyvalence, sa technologie embarquée et son agrément général. Au quotidien, il représente une alternative pertinente pour ceux qui veulent passer à une hybridation sans contraintes.
Notre avis : une familiale hybride qui a de vrais arguments
Au terme de notre semaine d’essai, le nouvel Austral E-Tech nous a convaincus sur plusieurs plans : confort, qualité perçue, agrément de conduite, technologies embarquées et réelle sobriété au quotidien. S’il n’est pas révolutionnaire, ce SUV hybride réussit son pari en offrant une expérience moderne, efficiente et agréable pour les familles d’aujourd’hui.
Si vous recherchez un SUV hybride plaisant, technologique et adapté aux usages quotidiens comme familiaux, l’Austral E-Tech coche objectivement la plupart des cases. Il s’adresse avant tout à ceux qui roulent majoritairement en ville ou sur route, souhaitent réduire leur consommation sans passer à l’électrique pur, et aiment voyager dans un cadre high-tech soigné. En résumé : une proposition mature, équilibrée et déjà incontournable sur le marché des hybrides familiaux.