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Avis sur la Fiat 500 électrique : la citadine rétro toujours dans le coup ?

Par Maxime
7 minutes

Icône italienne à l'ère électrique : la 500 se réinvente avec style


Rarement une citadine aura autant traversé les époques. Devenue culte depuis sa naissance dans les années 1950, la Fiat 500 incarne depuis toujours l’agilité urbaine, le charme rétro et l’esprit latin. Mais peut-elle encore séduire alors que l’électrification bouscule les habitudes et que les citadines traditionnelles se font plus rares sur le marché ? C’est le pari de la Fiat 500 “la Prima”, première de la dynastie pensée dès l’origine pour l’électrique, qui entend conjuguer nostalgie et modernité sans faire de compromis. Après plusieurs jours à son volant, voici notre retour détaillé, entre ville et campagne, plein d’enseignements sur le vivre-électrique à l’italienne.


Design : entre héritage et fraîcheur, un look intemporel modernisé


Difficile, voire impossible, de dissocier la 500 de son design. Dans sa version électrique, la silhouette conserve son esthétique de poupée urbaine, empreinte de rondeurs assumées et de détails raffinés. Mais ne vous y trompez pas : quasiment aucune pièce de carrosserie n’est reprise de l’ancienne 500 thermique. La nouvelle venue adopte des proportions plus larges et un empattement étiré (6 centimètres de plus en longueur) au bénéfice de l’habitabilité et de la stabilité. Les feux avant mi-coupés clignent de l’œil avec leurs leds, la signature lumineuse arrière redessine le « C » emblématique, et la calandre fermée contraste avec des détails chromés subtils.


En cabriolet ou en berline avec toit panoramique, la 500 électrique privilégie la joie de vivre. Les choix de coloris pastel, les jantes diamantées et les logos vintage parachèvent cette revisite réussie. L’effet wahou fonctionne : elle attire les regards des piétons, suscite la sympathie et assume, même branchée à une borne, son intemporalité. Une vraie leçon de style, jamais caricaturale.


Vie à bord : révolution ou simple évolution ?


Une fois installé à bord, la Fiat 500 électrique affiche une montée en gamme notable. La planche de bord couleur carrosserie, les inserts en tissus recyclés ou éco-cuir, la finition globale plus flatteuse qu’antan se remarquent dès l’ouverture. L’habitacle respire la simplicité moderne : instrumentation numérique agréable sous forme d’un écran 7 à 10,25 pouces (selon version), vaste bandeau central dédié au multimédia tactile, commandes minimalistes pour la climatisation, et quelques astuces comme l’absence de tunnel central (merci à la plateforme électrique dédiée).


Pratique au quotidien, la 500 dispose de multiples rangements, d’emplacements pour smartphone (avec charge à induction possible selon les finitions) et d’une connectivité poussée (Apple CarPlay & Android Auto sans fil, commande vocale immédiate, assistant d’aide à la conduite, application maison “Fiat app” pour gérer la charge à distance). Les sièges avant offrent un bon maintien et une assise suffisamment haute pour dominer la circulation. À l’arrière, l’espace reste logiquement compté, l’auto restant une vraie 4 places d’appoint (adulte et siège auto possible à condition de ne pas faire un long trajet…)


Le coffre de 185 à 210 litres (selon déclinaisons) assure quant à lui le service minimum – suffisant pour les courses urbaines ou un week-end à deux, sans plus.


Moteur et autonomie : une citadine taillée pour la mobilité du quotidien


La 500 électrique est proposée en plusieurs puissances, mais c’est la version “longue autonomie” (87 kW/118 ch et batterie de 42 kWh utiles) qui concentre l’essentiel des ventes et de l’intérêt. Dans cette configuration, la marque annonce 320 km en cycle mixte WLTP et jusqu’à 460 km en usage urbain – un atout en ville où la régénération au freinage fait des merveilles.


Dans la réalité de notre essai, en alternant trajets urbains, périurbains, et quelques escapades sur voies rapides, l’ordinateur de bord affichait 250 à 300 km sans effort particulier, même en climat frais, sous réserve d’une conduite raisonnable. En ville, il est parfaitement possible de ne recharger qu’une à deux fois par semaine, ce qui rend l’expérience très sereine pour un usage quotidien. Sur voie rapide (110/120 km/h), la consommation grimpe logiquement (20 à 22 kWh/100 km constatés), réduisant l’autonomie à 200 km environ, mais rien de rédhibitoire dans la sphère de la citadine.


Le moteur, instantanément réactif, délivre son couple (220 Nm) sans bruit, assurant des accélérations convaincantes en ville (0 à 50 km/h en moins de 4 secondes), et des relances toniques (0 à 100 km/h en 9 secondes environ), tout en gardant une grande aisance pour s’insérer sur le périphérique ou dépasser sur route secondaire.


L’agrément de conduite est remarquable, avec une direction légère mais précise, une tenue de route saine (grâce aux batteries logées sous le plancher) et un diamètre de braquage minuscule. L’auto se gare partout, s’insère aisément dans la circulation, et la vision périphérique est globalement très satisfaisante.


Recharge : rapidité et simplicité


Question d’usage : la 500 se montre à la page avec sa capacité de recharge jusqu’à 85 kW en courant continu (CCS Combo), permettant de passer de 0 à 80% en seulement 35 minutes sur une borne rapide. En courant alternatif, la charge à 11 kW sur prise domestique renforcée ou wallbox (câble fourni) permet de faire le plein en 4 à 5 heures, voire 15 à 16 heures sur prise standard 2,3 kW – un rythme adapté à la recharge nocturne. La compatibilité avec l’appli mobile Fiat facilite le suivi et la planification des charges.


À condition de disposer d’une borne à domicile, de son parking résidentiel ou du réseau public en centre-ville, la 500 s’intègre parfaitement dans la routine d’un conducteur urbain ou périurbain. Pour de longs trajets, une pause-café sur borne rapide est souvent suffisante pour regagner la grande ville voisine.


Technologies et équipement : citadine, mais pas spartiate


La version d’essai, baptisée “Icon” ou “la Prima”, regroupe la quasi-totalité des équipements modernes : écran tactile 10,25 pouces, navigation intégrée, compatibilité smartphone, clés mains libres, phares Full LED, climatisation automatique, freinage d’urgence autonome avec détection piéton/cycliste, radar de recul, régulateur de vitesse adaptatif, surveillance d’angle mort, reconnaissance de signalisation, frein de parking électrique.


Nouveau pour la catégorie : l’assistant de conduite “Traffic Jam Assist” offre une semi-autonomie dans les bouchons (suivi de file, maintien actif dans la voie), tandis que la caméra 360° et les capteurs aident aux manœuvres serrées. Le tout, couronné par une sono JBL optionnelle pour les amateurs de musique. Bien entendu, les niveaux de finition d’entrée sont aussi proposés, mais la technologie reste omniprésente et contribue au sentiment de modernité.


Sur la route : plaisir de conduire, silence et maniabilité


Un des points forts de cette 500 nouvelle génération reste sa manière d’occuper la ville. L’absence de vibration, le silence de fonctionnement, la réponse instantanée de l’électrique et la direction douce font du quotidien un plaisir renouvelé. On joue facilement avec les modes de conduite – “Normal” pour tous les jours, “Range” pour la meilleure autonomie (frein moteur accentué, conduite à une pédale possible), “Sherpa” pour économiser en cas de batterie faible –, chacun influant sur la vivacité, la réactivité et la régénération.


La suspension filtre correctement les défauts de la chaussée sans devenir trop ferme (les jantes de 17 pouces peuvent cependant accentuer les bosses). Sur voie rapide, la 500 reste étonnamment stable pour une voiture si compacte – le poids des batteries (environ 1 350 kg sur la balance) profite au confort sans trop pénaliser l’agilité.


À la campagne, n’espérez pas une sportive, mais l’ensemble demeure fringant pour dépasser ou s’amuser sur route sinueuse. Ce n’est pas un kart, mais l’esprit « dolce vita » reste bel et bien vivant…


Coûts d’utilisation, entretien et perspectives


Le passage à l’électrique se traduit ici par un budget carburant en chute libre : comptez entre 3 et 4 €/100 km selon le tarif d’électricité. L’entretien, réduit au strict minimum, se limite essentiellement aux contrôles classiques (niveau de liquide, plaquettes de frein, climatisation) et mise à jour logicielle. La garantie batterie de 8 ans rassure, et Fiat propose des formules de location longue durée bien placées, incluant parfois la borne à domicile.


Côté tarif, l’addition démarre aux alentours de 25 000 € bonus déduit pour la version “Action” à batterie réduite, et grimpe vite à 33 000 € pour la version “Icon” 320 km, voire plus en configuration haut de gamme. Ces tarifs, malgré le bonus écologique, restent supérieurs à feu la 500 thermique, mais sont à mettre en regard de l’équipement fourni, des faibles coûts à l’usage, et du positionnement premium revendiqué. La concurrence urbaine électrique (Mini, Twingo E-Tech, Dacia Spring ou Peugeot e-208) impose un choix rationnel : la 500 s’accorde aux automobilistes à la recherche d’un charme assumé, plus que du volume ou de la pure rationalité.


Quelques limites à garder en tête


  • Habitabilité arrière et coffre modestes, logiques pour une citadine pur sucre
  • Tarif élevé en haut de gamme, compensé par l’équipement et les prestations premium
  • Rayon d’action réel sur autoroute limité (prévoir les pauses pour les longs trajets hors ville)
  • Siège passager haut, pas de véritable plancher plat arrière
  • Suspension un brin ferme sur chaussées dégradées (avec grandes jantes)

Bilan : la Fiat 500 électrique, toujours irrésistible ?


À l’heure de l’électromobilité grand public, Fiat a réussi à préserver l’ADN de son icône, tout en la propulsant résolument dans le XXIe siècle. Plaisir, personnalité, équipements à la page, coût d’utilisation réduit, conduite rafraîchissante : la 500 électrique assume fièrement son statut d’objet de mode pratique et cohérent pour la ville – et pourquoi pas pour ceux qui rêvent d’autre chose qu’un SUV impersonnel.


Certes, elle n’est pas la plus spacieuse ni la moins chère de sa catégorie, mais elle demeure la citadine chic par excellence, idéale pour les trajets du quotidien, les échappées belles urbaines, ou simplement pour mettre du soleil dans la routine automobile. Incontestablement toujours dans le coup, la nouvelle Fiat 500 prouve que rétro et modernité peuvent faire bien plus que cohabiter : ils peuvent s’électriser avec panache.


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