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Notre avis sur la Volkswagen ID.3 : l’électrique tient-elle ses promesses ?

Par Maxime
5 minutes

Une compacte électrique à la croisée des attentes


Dans la famille Volkswagen, l’ID.3 fait figure de pionnière. Première véritable compacte 100 % électrique du constructeur allemand, elle promet d’incarner l’avenir de la mobilité urbaine et périurbaine, tout en restant fidèle à l’esprit Golf qui a fait la renommée de la marque. Mais que vaut vraiment cette alternative électrique ? Après plusieurs semaines passées à son volant autour de Paris puis sur les grands axes, carnetnomade.com vous livre son verdict complet.


Plaisir de conduite : l’électrique façon Volkswagen


Une fois installés à bord de l’ID.3, ce qui frappe immédiatement, c’est la sensation de douceur. L’accélération est linéaire, sans à-coups, typique d’un moteur électrique délivrant son couple maximal dès les premiers tours. Sur notre version d’essai (ID.3 Pro Performance, batterie 58 kWh, moteur de 204 ch), le 0 à 100 km/h est expédié en moins de 7,5 secondes : largement suffisant pour s’insérer sur voie rapide ou relancer en ville.


L’insonorisation à basse vitesse est soignée, renforçant le sentiment de raffinement. En ville, la direction, légère mais précise, permet d’évoluer dans la circulation avec aisance. Côté suspensions, l’ID.3 privilégie le confort, absorbant les inégalités sans mollesse, mais certains dos d’âne mal négociés rappellent tout de même le poids non négligeable des batteries (1,7 t à vide).


Sur route, la Volkswagen rassure par sa stabilité, même si le train avant légèrement lourd en virage soutenu peut rappeler au conducteur les lois de la physique. Rien de rebutant : l’ID.3 reste une bonne élève, efficace, sans réelle sportivité mais avec un agrément réel au quotidien.


Autonomie et recharge : promesses tenues ?


S’agissant d’une voiture électrique, l’autonomie reste la question cruciale. Sur le papier, notre version Pro Performance revendique jusqu’à 426 km selon la norme WLTP. Dans la réalité de notre usage mixte (30 % ville, 50 % route, 20 % autoroute), l’ordinateur de bord a affiché une autonomie comprise entre 330 et 350 km par charge, parfois légèrement moins sur autoroute par temps froid (autour de 280-300 km).


En ville, la récupération d’énergie au freinage rallonge considérablement l’expérience, mais c’est sur autoroute que l’ID.3 révèle, comme nombre de ses concurrentes électriques, ses limites : la consommation grimpe à plus de 20 kWh/100 km au-dessus de 120 km/h.


La recharge, elle, s’effectue sans accroc. Sur borne rapide, une charge de 20 % à 80 % est réalisable en moins de 35 minutes grâce à une puissance de 120 kW acceptée en crête (150 kW sur les versions récentes). À la maison, il faudra compter une nuit complète sur une wallbox 11 kW pour une charge pleine.


Vie à bord : modernité, qualité, question de goût


L’intérieur de l’ID.3 tranche clairement avec la production Volkswagen traditionnelle. Minimaliste et digitalisé, le poste de conduite s’articule autour d’un petit écran derrière le volant et d’un second écran tactile central (10 pouces), regroupant la majorité des fonctions (climatisation, navigation, multimédia, settings).


Le rendu est moderne, propre, mais certains utilisateurs regretteront des plastiques durs sur les parties basses, moins flatteurs que sur la Golf ou même la Polo. Néanmoins, l’assemblage inspire confiance et l’habitacle se révèle astucieux, notamment en matière de rangements et d’espace à bord. La compacité extérieure de l’ID.3 (4,26 m) n’entrave ni l’espace aux jambes à l’arrière, ni le volume du coffre (385 L) qui suffira pour les bagages d’une famille pour un week-end.


La position de conduite, typée berline, se règle facilement, les sièges offrent un bon maintien, et la visibilité reste convenable grâce à des montants fins. Petit regret : la rétrovision limitée par la lunette arrière étroite, compensée heureusement par une caméra de recul efficace.


Équipement et technologie embarquée


La dotation de série de l’ID.3 se montre à la hauteur de son positionnement : instrumentation numérique, navigation connectée, démarrage sans clé, aides à la conduite « Travel Assist » (régulateur adaptatif, maintien dans la voie), phares matriciels, chargeur induction et prises USB-C abondent selon les finitions et options choisies.


Volkswagen a également mis l’accent sur la connectivité, avec une application compagnon pour suivre en temps réel l’état de la batterie ou programmer la recharge à distance. À noter toutefois, le système d’infodivertissement avait connu quelques soucis de lenteur et de bugs logiciels sur les premiers millésimes : notre modèle d’essai (produit fin 2022) ne souffrait plus que de rares lenteurs au démarrage, preuve que le constructeur a corrigé la plupart des défauts initiaux.


Apple CarPlay et Android Auto sont de la partie – filaire ou sans fil selon version – mais nécessitent parfois une petite adaptation, l’ergonomie du menu principal sollicitant un temps d’apprentissage pour s’y retrouver intuitivement.


Coût d’usage et budget : avantage à l’électrique ?


Au-delà du plaisir de conduite, acheter une ID.3 se raisonne aussi côté portefeuille. Bon point, le coût de l’énergie : une recharge complète (58 kWh) coûte entre 8 et 12 euros à la maison (tarifs 2024), et environ 20 à 25 euros sur autoroute via une borne ultrarapide. L’entretien courant est réduit : pas de courroies, huile moteur, filtre à air, ni embrayage. Le suivi périodique se limite à des vérifications du circuit électrique, des freins (peu sollicités grâce au freinage régénératif) et des pneumatiques.


Reste le prix d’achat, plus élevé que celui d’une compacte thermique équivalente. Hors bonus écologique (5 000 € jusqu’au 30 juin 2024 pour la plupart des clients particuliers), notre version d’essai s’affiche autour de 44 000 €. Concrètement, après déduction des aides, l’ID.3 reste positionnée dans la moyenne haute du marché, mais reste compétitive face à ses rivales directes (Renault Mégane E-Tech, Peugeot e-308, Tesla Model 3 abord).


Enfin, côté valeur résiduelle, les premières ID.3 tiennent bien la cote sur le marché d’occasion grâce à leur image de robustesse mécanique, même si la concurrence accrue du segment électrique commence à freiner la progression des prix.


Utilisation quotidienne : points forts et points à surveiller


  • Facilité en ville : Format idéal pour la circulation urbaine, rayon de braquage court, modes « B » pour maximiser la régénération et conduite « pédale unique » agréable.

  • Confort sur long trajet : Malgré une autonomie parfois juste pour les très longs trajets (plus de 350 km d’une traite en conditions optimales), la recharge rapide permet d’envisager les départs en week-end à condition de planifier ses pauses. Cartographie des bornes via l’ordinateur de bord utile, mais soyons honnêtes : un grand Paris-Nice s’envisage avec quelques pauses.

  • Vie à bord : Silence, ambiance lumineuse personnalisable, aide au stationnement très performante.

  • Quelques points d'attention : L’absence de commandes physiques (tout tactile) pour la climatisation ou le volume du son pourra rebuter certains utilisateurs. Les surfaces laquées sont sensibles aux traces de doigts et rayures superficielles.

Pour qui est faite la Volkswagen ID.3 ?


L’ID.3 s’adresse avant tout aux automobilistes urbains ou périurbains, clairement connectés et sensibles à la transition énergétique, qui souhaitent un véhicule abouti, moderne, et éligible aux dernières innovations de sécurité et de connectivité. Son gabarit reste adapté à la circulation citadine, mais elle permet sans effort des déplacements régionaux réguliers, pour peu qu’on intègre la planification de la recharge.


Ceux qui privilégient le charme d’un intérieur haut de gamme ou la sportivité pure se tourneront sans doute vers d’autres modèles, mais l’ID.3 convaincra par sa polyvalence, sa sobriété et le sens pratique typique des productions Volkswagen.


Notre synthèse : un vrai cap pour Volkswagen


L’arrivée de l’ID.3 marque le virage électrique tant attendu chez Volkswagen. La voiture ne révolutionne pas la catégorie par un design audacieux ou des performances hors normes : elle séduit par une homogénéité rassurante, une technologie au service de l’utilisateur et un vrai soin du détail. Oui, l’électrique tient ici (presque) toutes ses promesses : silence, facilité, économie d’utilisation, innovation. Quelques axes de progrès demeurent (ergonomie des commandes tactiles, autonomie perfectible sur autoroute), mais le pas franchi est conséquent.


Pour ceux qui veulent se lancer dans l’électrique sans (trop) de compromis et bénéficier du sérieux Volkswagen, l’ID.3 mérite largement qu’on s’y intéresse en 2024. Découvrez nos essais détaillés et nos conseils d’achat électrique sur carnetnomade.com.


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