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Essai du Toyota bZ4X : le SUV électrique japonais peut-il concurrencer les européens ?

Par Maxime
6 minutes

Un SUV japonais qui vise le cœur du marché européen

Depuis plusieurs années, Toyota fait figure de pionnier et de référence en matière d’hybridation, mais la marque nippone s’est longtemps tenue à l’écart du tout électrique. Avec le bZ4X, Toyota affiche désormais ses ambitions sur un segment en pleine effervescence : celui des SUV familiaux électriques. Destiné à rivaliser avec les starlettes européennes – Volkswagen ID.4, Skoda Enyaq, Hyundai Ioniq 5, Kia EV6 ou encore Tesla Model Y –, ce modèle entend apporter le savoir-faire japonais et une vision différente de l’expérience électrique. Voici nos impressions après plusieurs jours d’essai.

Un design affirmé et distinctif

Reprenant les codes chers à Toyota, le bZ4X surprend par ses lignes tendues et sa silhouette imposante (4,69 m de long). Capot sculpté, passages de roues marqués, toit fuyant et épaulements arrière puissants : le style n’hésite pas à jouer sur la rupture, notamment via ses arches de roues noires contrastées et sa large calandre pleine.

Les finitions sont sérieuses, les panneaux parfaitement ajustés et l’ensemble offre une impression de qualité et de robustesse. Toyota cherche manifestement à se différencier tout en conservant l’ADN maison : fonctionnalité avant tape-à-l’œil.

A bord : sobriété japonaise et grand format

Le bZ4X se veut familial et cela se ressent immédiatement. A l’avant, la planche de bord basse offre une belle luminosité, tandis que l’écran central tactile de 12,3 pouces assure l’essentiel de la connectivité. Toyota fait le choix d’une interface intuitive, moins graphique que celle de certains concurrents, mais efficace.

Les sièges sont confortables, l’espace ne manque ni aux jambes ni aux épaules, y compris à l’arrière où l’on peut voyager à trois adultes sans difficulté. Le coffre, avec 452 litres, reste cependant légèrement en retrait face à certains rivaux européens (autour de 500 à 600 litres). Les multiples rangements et l’excellente visibilité à bord sont à souligner.

L’ambiance générale respire la qualité, avec des matériaux valorisants, une façon de prouver que le sérieux japonais s’accommode bien de la modernité.

Motorisation et autonomie : où en est Toyota sur l’électrique ?

Le bZ4X propose deux configurations : traction avant (204 ch) ou transmission intégrale (217 ch). Notre modèle d’essai, équipé de la transmission intégrale baptisée AWD X-MODE, met en avant une motricité remarquable à basse vitesse grâce à la répartition travaillée du couple. L’apport de Subaru, partenaire technique sur le développement du châssis, se ressent particulièrement sur routes glissantes ou lors d’une incursion hors bitume.

La batterie lithium-ion de 71,4 kWh promet jusqu’à 513 km d’autonomie WLTP (pour la version traction, 461 km pour la 4x4). En usage réel, sur route mixtes et en adoptant une conduite souple typique des électriques, nous avons relevé une consommation autour de 18,5 kWh/100 km, permettant au bZ4X de dépasser les 380 à 420 km sans recharge. Sur autoroute et en hiver, l’autonomie fléchit (plutôt 300 à 350 km constatés).

Face aux européens, les chiffres sont honnêtes mais pas révolutionnaires. Un Skoda Enyaq ou un Tesla Model Y feront mieux sur la distance pure. Toutefois, Toyota met en avant la régularité de son niveau de performance et la durabilité de la batterie, garantie 10 ans (ou 1 000 000 km), un gage de confiance non négligeable pour les gros rouleurs.

Recharge : retard à l’allumage, mais sécurisé par le réseau

Sur le papier, la puissance de recharge maximale en courant continu plafonne à 150 kW (courant continu, via Combo CCS), ce qui permet de remonter de 10 à 80% en 35 minutes dans les conditions optimales. En pratique, sur bornes à haute puissance (Ionity), nous avons observé une recharge efficace jusqu’à environ 120 kW, la courbe de recharge étant bien linéaire.

Côté courant alternatif, Toyota a démarré avec un chargeur embarqué 6,6 kW, limitant les recharges sur borne lente ou à domicile. Depuis l’été 2023, la marque propose en option (à préciser lors de l’achat) un nouveau chargeur 11 kW triphasé, améliorant nettement la polyvalence au quotidien.

Il n’en reste pas moins que certains concurrents européens se montrent plus rapides ou plus souples (jusqu’à 22 kW en AC chez Renault ou Mercedes). Heureusement, le réseau de bornes publiques se développe en France et en Europe, rendant la recharge rapide accessible la plupart du temps.

Sensations de conduite : entre confort, efficacité et sérénité

Le Toyota bZ4X n’est pas un foudre d’accélération (0 à 100 km/h en environ 7,5 secondes pour la version double moteur), mais il distille une conduite apaisée, typique de l’école japonaise. Les relances sont franches, la réponse immédiate, et le silence de marche impressionne à toutes les allures.

Le châssis, développé avec Subaru, offre un bel équilibre entre filtrage des irrégularités et dynamisme modéré. Le roulis est bien contenu pour un SUV de plus de 2 tonnes, la direction se montre précise sans être incisive. L’intégration de la transmission intégrale et des modes de conduite tout-terrain rassurent sur sols meubles ou humides, sans pour autant faire de ce bZ4X un véritable franchisseur.

Au quotidien, en ville ou sur nationale, la prise en main est aisée, les aides à la conduite (freinage d'urgence, maintien de voie, détecteurs d'angles morts...) sont complètes et sécurisantes.

Equipement, multimédia et vie connectée

Toyota n’a pas cherché à multiplier les versions et propose une dotation complète : grands écrans, sellerie chauffante, caméra 360°, connectivité smartphone Apple CarPlay/Android Auto (filaire ou sans fil), chargeur à induction, sono JBL sur la finition la plus huppée. Les interfaces sont réactives, la navigation fluide, mais l’expérience reste plus classique et rationnelle sur le plan ergonomique que certains écosystèmes à la pointe chez Tesla ou BMW.

Le bZ4X se démarque en revanche par sa volonté de simplifier l’usage, avec peu de menus superflus.

Tarifs, positionnement et garantie : la carte de la sécurité ?

Le Toyota bZ4X s’affiche à partir de 49 900 euros avant bonus écologique (selon version au printemps 2024). Pour une version bien équipée à transmission intégrale, comptez plutôt 55 000 €, soit des tarifs voisins de la majorité des rivaux européens à autonomie équivalente.

La politique de garantie de Toyota reste l’un des points forts : 3 ans véhicule (pouvant &agra ve; être étendue à 10 ans selon entretien régulier chez Toyota), 8 ans sur la batterie haute tension (jusqu’à 10 ans ou 1 million de km via programme d’entretien annuel). Un argument de taille pour ceux qui s’inquiètent de la durée de vie d’un véhicule électrique.

L’entretien promet d’être économique, et Toyota de rappeler que la durabilité de la batterie a été éprouvée sur des millions de kilomètres en conditions réelles.

Face aux européens : quels atouts, quels points perfectibles ?

Le Toyota bZ4X ne bouleverse pas la catégorie, mais apporte une proposition solide, rassurante et bien dosée. Il se place parmi les bons élèves pour :

  • La qualité de construction et de finition
  • Le confort et le silence à bord
  • La polyvalence familiale (espace, sécurité)
  • La garantie et la durabilité annoncée de la batterie

Quelques éléments restent en retrait face aux locomotives européennes :

  • La capacité de recharge AC plus limitée en version de base
  • L’absence de versions à batterie supérieure ou à forte autonomie
  • Un coffre juste moyen pour la catégorie

Conclusion : une entrée sérieuse pour Toyota

Pour ceux qui cherchent un SUV électrique fiable, rassurant, facile à vivre et de facture classique, le bZ4X s’impose comme un choix judicieux. Il ne cherche pas à éblouir par l’innovation à tout prix, ni à battre des records, mais il capitalise sur la philosophie Toyota : efficacité, sécurité et longévité. Les européens conservent l’avantage pour l’offre technique (autonomie, recharges rapides, grande variété de versions) et parfois pour l’expérience digitale.

Nul doute que le bZ4X saura séduire ceux qui n’attendent pas du tout électrique une révolution permanente, mais un complice pratique et fiable pour de longues années. Dans un univers très concurrentiel, ce Toyota mérite d’être essayé... et pourrait bien convertir les plus réticents au zéro émission.

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