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Analyse des tendances du marché auto en France après le premier semestre

Par Maxime
6 minutes

Bilan semestriel : grandes évolutions et nouveaux repères pour le marché automobile français


À mi-parcours de l'année, l'industrie automobile française affiche un panorama en mutation accélérée. Les chiffres des six premiers mois confirment certaines tendances fortes, tandis que de nouvelles dynamiques s'installent. Quelles en sont les implications pour les particuliers, les professionnels et l’ensemble de la filière ? Focus sur les facteurs-clés et l’évolution des comportements d’achat, sur fond de transitions écologique, réglementaire et technologique.


Reprise de la demande, mais une croissance déformée


Le rebond observé en début d’année a laissé place à une croissance plus nuancée. Après plusieurs années de perturbation liée à la crise sanitaire et aux pénuries, les ventes de voitures neuves en France affichent une progression d’environ 5% par rapport à la même période l’an passé (chiffres cumulés janvier-juin, selon le CCFA). En toile de fond, l’effet de « rattrapage » s’estompe cependant : la demande retrouve une forme de normalité, loin des sommets d’avant 2020.


La répartition par segment évolue nettement : le SUV poursuit sa domination (près d’une vente sur deux), mais la citadine retrouve une place de choix, soutenue par les offres renouvelées et l’appétence pour l’électrification en milieu urbain. Le segment des berlines généralistes peine, tandis que les monospaces continuent leur recul.
Pour autant, le marché reste « tiré vers le haut » par la montée en gamme des modèles, la part des finitions supérieures et les tarifs moyens d’acquisition.


La vague électrique et hybride : des chiffres en progression, une réalité contrastée


Sur la première moitié de l'année, la part des véhicules électrifiés (électriques et hybrides rechargeables) approche désormais 25% des immatriculations totales, avec une croissance particulièrement forte des modèles 100% électriques (+30% environ).


  • L’offre s’élargit : les constructeurs généralistes et premium accentuent le renouvellement de leur catalogue, avec plus de 80 modèles 100% électriques aujourd'hui commercialisés en France. Star locales (Peugeot e-208, Renault Megane E-Tech) et étrangères (Tesla Model Y, Dacia Spring) se partagent le podium.
  • Les hybrides (HEV et PHEV) se maintiennent : plébiscités par les ménages mixtes ou ruraux, ils constituent une option de transition toujours attractive, même si les volumes stagnent face à la percée « full electric » en zone urbaine.

Ce tableau masque toutefois une disparité selon régions et profils d’acheteurs :


  • En ville, l’achat d’une électrique est encouragé par les ZFE (zones à faibles émissions), les primes locales et une meilleure desserte de bornes ;
  • Dans les zones périurbaines ou rurales, le thermique et l’hybride conservent une solide assise, par peur de l’autonomie, du manque d’infrastructure ou d’un usage trop polyvalent pour dépendre du seul réseau électrique.

Impact du contexte économique et fiscal


Si la demande se maintient, l’évolution des prix constitue une préoccupation majeure des ménages. Après plusieurs hausses successives (prix catalogue, options, répercussion des coûts matières), le véhicule neuf devient un bien d’investissement dont le ticket d’entrée ne cesse d’augmenter. Les modèles d’accès sous la barre des 20 000 euros deviennent rarissimes, poussant les acheteurs à réexaminer leurs choix et à se tourner davantage vers l’occasion récente ou la location longue durée (LLD/LOA).


Les aides publiques (bonus écologique, prime à la conversion) restent un levier d’achat puissant pour l’électrique, mais leur évolution suscite des interrogations : barème plus exigeant, recentrage sur les modèles de production européenne, plafonds plus « serrés » sur les revenus dès 2024. Les foyers modestes bénéficient toujours d’un avantage net, alors que la classe moyenne voit parfois son accès se restreindre sur les modèles familiaux.


L’occasion : regain d’intérêt et nouvelles pratiques


Dynamisé par la hausse des prix du neuf et la crainte de la décote sur les véhicules thermiques, le marché de l’occasion connaît un début d’année sous tension.


  • Les modèles essence récents et sobres (moins de 5 ans) se vendent rapidement et parfois à des tarifs proches du neuf ;
  • Les électriques d’occasion (Tesla Model 3, Renault Zoé, Peugeot e-208) séduisent un public élargi, d’autant que l’offre s’étoffe issue des premiers véhicules sortis en leasing il y a 3-4 ans ;
  • Le diesel décline, sauf pour les gros rouleurs et les professionnels, désormais attentifs à la vignette Crit’Air et aux restrictions d’usage croissantes en ville.

L'achat en ligne (mandataires, plateformes spécialisées, ventes à distance) continue sa progression, avec des garanties et services de livraison adaptés aux nouveaux modes de consommation.


Réglementation et fiscalité : accélération du calendrier


Le cadre réglementaire agit comme catalyseur de transformations :


  • Crit’Air et ZFE : plus de 40 agglomérations françaises poursuivent ou accentuent leur calendrier de restriction d’accès pour les véhicules anciens et polluants. De nouveaux critères d’exclusion (vignettes 3, 4, 5) sont prévus d’ici 2025, forçant les ménages urbains à accélérer leur transition.
  • Fiscalité verte renforcée : le malus CO2 concerne désormais davantage de modèles familiaux essence/diesel, y compris certains hybrides puissants ou SUV populaires. Les acheteurs qui pensaient être « épargnés » par ces taxes doivent parfois revoir leur budget à la hausse.
  • Bonus écologique sélectif : recentrage sur les véhicules produits en Europe (score environnemental), exclusion des modèles importés d’Asie non conformes, et réduction du soutien pour les modèles haut de gamme jugés suréquipés.

Entretien, assurance et nouvelles attentes des automobilistes


L’évolution du parc influe sur l’économie de l’après-vente et des services associés :


  • L’entretien périodique des électriques est simplifié et moins coûteux, mais génère de nouveaux besoins (diagnostic batterie, recyclage, mises à jour logicielles).
  • L’assurance s’ajuste : de plus en plus d’offres spécifiques apparaissent pour les voitures électriques et hybrides, intégrant assistance en cas de panne de batterie ou déclarant des tarifs parfois plus avantageux sur les modèles peu puissants (moins de sinistralité).
  • L’usage évolue : covoiturage, autopartage, leasing, abonnement à la mobilité se généralisent. Des ménages font le choix du « sans voiture » en ville, mais optent pour la multi-motorisation dans les zones plus excentrées (un véhicule électrique pour le quotidien, un thermique pour les vacances).

Quelles perspectives pour la suite de l’année ? Tendances à surveiller


Le second semestre s’annonce déterminant, tant pour les professionnels de la filière que pour les particuliers :


  • La disponibilité des modèles neufs devrait s’améliorer, mais les stocks restent limités sur certains modèles à la forte demande (notamment électriques d’entrée de gamme).
  • Les nouvelles offres de mobilité vont s’accélérer : voitures à abonnement, modèles low cost à venir (ex : Citroën ë-C3), essor des micro-urbaines et du leasing social pourraient (re)donner accès à l’électrique pour un public plus large.
  • La question du réseau de recharge demeure cruciale : malgré un nombre record de points installés (plus de 120 000), leur répartition et leur disponibilité réelle conditionneront la poursuite de la bascule vers l’électromobilité.
  • Le marché de l’occasion électrique va franchir un cap, permettant à de nouveaux profils d’utilisateurs de se laisser tenter, sous réserve de garanties claires sur la durée de vie des batteries et sur le suivi après-vente.

Enfin, reste à observer l’impact potentiel des taux d’intérêt (crédits auto plus chers), de l’inflation et des prochaines annonces gouvernementales, qui pourraient redessiner la hiérarchie des meilleures ventes et bouleverser les équilibres entre thermique, hybride et électrique.


Conseils pratiques : comment s'adapter en 2024 ?


  1. Mesurez votre besoin réel : évaluez précisément vos habitudes (kilométrage, trajets types, accès à la recharge) avant de choisir une motorisation ou un mode d’acquisition (neuf, occasion, LOA).

  2. Anticipez les changements à venir : informez-vous sur l'évolution des ZFE et des critères Crit’Air dans votre agglomération, pour éviter de futurs surcoûts ou restrictions.

  3. Profitez des aides locales et nationales : bonus, primes régionales, exonérations ou stationnement gratuit pour les véhicules à faibles émissions peuvent faire baisser le coût global.

  4. Comparez les offres d’assurance : certaines compagnies proposent des tarifs très compétitifs sur les électriques ou hybrides récentes.

  5. Pensez revente et valeur résiduelle : privilégiez les modèles bien équipés, disposant d’une bonne autonomie ou au palmarès sécuritaire reconnu (notes Euro NCAP, etc.).


En synthèse : un marché en pleine métamorphose, des choix à affiner selon ses priorités


Le premier semestre confirme que le marché automobile français n’a jamais été aussi pluriel et mouvant. Si les tendances lourdes se dessinent (essor de l’électrique, transformations réglementaires, évolution des habitudes d’accès à la mobilité), chaque acheteur devra affiner sa stratégie selon ses propres priorités en termes de budget, de confort d’usage et d’anticipation des prochaines étapes de la transition écologique.
Dans un environnement où la mobilité individuelle devient un véritable enjeu de société, enrichir sa réflexion, se projeter dans l’avenir et rester informé sur carnetnomade.com demeure le meilleur réflexe pour choisir sereinement sa prochaine voiture.

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