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Financer son permis : toutes les aides disponibles en France

Par Maxime
6 minutes

Permis de conduire : un investissement incontournable, mais parfois difficile à financer


En France, le coût du permis de conduire reste l'une des principales difficultés rencontrées par de nombreux jeunes et adultes en quête d'autonomie. Entre les frais d'inscription, les heures de conduite réglementaires et les éventuels redoublements d'examen, la facture totale dépasse régulièrement 1 500 à 2 000 euros, voire davantage selon les régions et la formule choisie. Pourtant, le permis de conduire demeure un sésame essentiel, tant pour l'insertion professionnelle que pour la mobilité personnelle.


Heureusement, il existe plus de solutions qu'on ne le pense ! Subventions, prêts à taux zéro, aides locales ou nationales : tour d'horizon détaillé de tous les dispositifs disponibles pour vous accompagner dans le financement de votre permis.


1. Le compte personnel de formation (CPF) : la voie royale pour les actifs


Depuis 2017, le compte personnel de formation permet aux salariés, demandeurs d'emploi ou jeunes de financer leur permis B (voiture), permis A (moto), ou même poids lourds, si l'obtention du permis est nécessaire à un projet professionnel.


Comment ça fonctionne ? Chaque actif accumule des droits à la formation (en euros) tout au long de sa vie professionnelle. Il suffit de se connecter sur le site moncompteformation.gouv.fr pour consulter son solde et inscrire son dossier.


  • Conditions d'usage : Etre âgé d'au moins 17 ans, ne pas faire l'objet d'une suspension ou interdiction de conduire, le permis doit être nécessaire à l'emploi ou à la recherche d'emploi.
  • Montant : Le financement peut être total si les droits sont suffisants (généralement entre 500 et 800€ par an cumulés), ou partiel si le coût dépasse le solde.
  • Prestataire: L'auto-école doit être agréée "qualité" et référencée sur la plateforme CPF.

2. Le permis à un euro par jour : le prêt sans intérets pour les 15-25 ans


Ce dispositif, unique en Europe, permet aux jeunes de 15 à 25 ans révolus de bénéficier d'un prêt bancaire allant jusqu'à 1 200€ pour financer leur formation au permis B, A1 ou A2, sans aucune avance de frais ni intérêt à payer par l'emprunteur (les intérêts étant pris en charge par l'État).


  • Accès : Contact direct avec l'une des banques partenaires, présentation d'un devis d'une auto-école labellisée et caution d'un tiers si le jeune est sans revenus suffisants.
  • Remboursement : 30 à 40 euros par mois, étalé sur 20 à 40 mois (selon montant et capacité).
  • Souplesse : Possibilité pour l'auto-école d'ouvrir le crédit en plusieurs parties (formation initiale puis complément, en cas d'échec à l'examen par exemple).

Ce prêt est sans condition de ressources, cependant certaines banques imposent parfois leur propre analyse de solvabilité. Il implique généralement une caution parentale si l'emprunteur n'a pas de revenus réguliers. Plus de 200 000 jeunes en bénéficient chaque année.


3. Les aides de Pôle emploi et des missions locales


Pour les personnes en recherche d'emploi, il existe des solutions ciblées :


  • Aide individuelle de Pôle emploi : Sous certaines conditions (situation de précarité, acceptation d'un emploi nécessitant le permis, difficulté de mobilité), une aide exceptionnelle de 1 200€ peut être accordée. La demande doit être motivée et le dossier validé par l'agence.
  • Missions locales : Destinées aux jeunes de 16 à 25 ans en insertion, les missions locales peuvent octroyer des aides au permis sous la forme de subventions (souvent entre 200 et 800€) ou de réglement direct d'une partie des heures de conduite.
  • Accompagnement complémentaire : Coaching, simulateurs, aide aux frais annexes (examen, code, médecin).

Il est souvent nécessaire de suivre un parcours d'accompagnement vers l'emploi ou validant le projet professionnel pour prétendre à ces aides.


4. Les dispositifs locaux : régions, départements et communes mobilisés


De nombreuses collectivités territoriales proposent des aides supplémentaires, parfois cumulables :


  • Régions et départements : Bourses "mobilité", bons permis pour apprentis, aides pour les jeunes en formation professionnelle ou missions étudiants. Exemple : la Région Grand Est propose jusqu'à 300€ d'aide pour les apprenti(e)s, l'Ile-de-France un chèque "permis citoyen".
  • Villes et communes : Aide financière pour les jeunes résidant dans certains quartiers prioritaires, dispositifs d'engagement citoyen (ex : 2h par semaine en mission d'intérêt général contre financement de plusieurs heures de conduite).
  • Collectivités d'outre-mer : Primes particulières liées à l'isolement géographique.

N'attendez pas que l'information vienne à vous ! Sollicitez directement votre mairie, votre conseil départemental ou régional : les critères d’octroi varient, mais les agents sociaux peuvent vous accompagner dans le démontage du dossier.


5. Les aides pour réussir le permis malgré un handicap


Les personnes en situation de handicap peuvent bénéficier d'aides spécifiques afin d'adapter la formation et le véhicule :


  • MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) : prise en charge d’une partie du coût du permis spécialisé ou d’aménagements du véhicule.
  • Pôle emploi : renforcement possible si le projet de permis est nécessaire à un retour à l’emploi.
  • Agefiph (pour les salariés ou demandeurs d’emploi du privé) : participation jusqu’à 1 000€ sur étude de dossier.

L’auto-école ciblée doit alors disposer d’un véhicule adapté et d’un formateur certifié pour ces apprentissages particuliers.


6. Les bourses d’engagement citoyen : donner du temps pour réussir


Plusieurs dispositifs échanges "contre services" existent et connaissent un véritable succès local :


  • Bourse au permis contre bénévolat : La commune (ou parfois le département) finance tout ou partie du coût du permis (500 à 1 000€), en échange d’un nombre d’heures de volontariat (de 40 à 60h) au sein d’une association, d’un centre social ou pour un projet communal.
  • Service civique : Les jeunes de 16 à 25 ans effectuant une mission de 6 à 12 mois peuvent orienter la majeure partie de l’indemnisation perçue vers le financement du permis.

Ce type de bourse allie engagement citoyen, réseautage et gains financiers immédiats, avec l’appui des collectivités locales.


7. L’aide aux apprentis : un coup de pouce réservé à l’alternance


Les apprenti(e)s de plus de 18 ans engagés dans une formation en alternance depuis 2019 ont droit à une aide unique de 500€ pour passer le permis B. Elle est cumulable avec les aides locales et doit être demandée via le CFA (Centre de Formation d’Apprentis), après transmission d’un devis ou d’une facture d’auto-école.


C’est une aide forfaitaire, versée en une seule fois, quel que soit le reste à charge et sans conditions de ressources ni de résultat à l’examen.


8. Autres solutions et dispositifs à explorer


Il existe aussi d’autres opportunités parfois méconnues :


  • Associations spécialisées : Certaines organismes, souvent labellisés par les pouvoirs publics (comme La Croix-Rouge ou l’ADIE), proposent des microcrédits solidaires pour accompagner les bénéficiaires du RSA ou les personnes en insertion.
  • Aides d’entreprise : Quelques employeurs ou comités d’entreprise peuvent octroyer des aides à la mobilité pour les salariés souhaitant passer le permis dans le cadre de leur parcours professionnel.
  • Bourses étudiantes ou universitaires : Certaines grandes écoles, réseaux d’anciens ou BDE prévoient des dispositifs ponctuels pour leurs étudiants en difficulté.

Conseils pratiques avant de se lancer


  1. Anticipez et comparez : Renseignez-vous sur l'ensemble des aides cumulables et sur les auto-écoles labellisées dans votre région.

  2. Vérifiez la qualité : Privilégiez une auto-école certifiée "qualité" (label Qualiopi ou labellisation ministérielle).

  3. Demandez un devis clair et précis couvrant tous les frais (code, conduite, passage d'examen, frais administratifs).

  4. Privilégiez la formation accompagnée (conduite accompagnée ou supervisée), souvent plus économique au global et mieux suivie pédagogiquement.

  5. Faites-vous accompagner par les conseillers Pôle emploi, les travailleurs sociaux ou les points d’accueil jeunesse de votre ville, pour le montage des dossiers et le suivi administratif.


Pour conclure : des solutions pour tous les profils


Passer le permis de conduire en France peut sembler long et coûteux, mais les dispositifs publics et privés s’adaptent à chaque parcours. Que vous soyez lycéen, apprenti, demandeur d'emploi, adulte en reconversion ou en situation de handicap, il existe forcément une aide mobilisable pour vous permettre de franchir ce cap essentiel de la vie.


Une seule consigne : informez-vous en amont, multipliez les contacts locaux et n'hésitez pas à solliciter appuis et conseils. Ainsi, le permis deviendra alors moins un frein qu’un tremplin vers l’autonomie et la réalisation de vos projets, personnels comme professionnels.


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