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Permis de conduire en candidat libre : guide complet pour se lancer

Par Maxime
6 minutes

Un choix d’autonomie pour passer son permis : pourquoi le candidat libre séduit-il de plus en plus ?


Face à la hausse continue du coût de la vie et à l’envie d’organiser sa formation à son rythme, de nombreux jeunes – et adultes en reconversion – choisissent aujourd’hui de passer le permis de conduire en candidat libre. Cette formule, encore méconnue il y a quelques années, bénéficie aujourd’hui d’une démocratisation et d’un encadrement précis, offrant flexibilité, économies potentielles et accès direct à l’examen. Mais qu’implique-t-elle concrètement ? Comment se préparer, quelles sont les obligations à respecter et quelles bonnes pratiques adopter pour mettre toutes les chances de son côté ? Voici un guide pratique pour tout comprendre avant de se lancer dans l’aventure du permis version autonomie.


Les bases du permis en candidat libre : comment ça marche ?


Le passage du permis en candidat libre signifie que l’on s’inscrit soi-même aux deux épreuves (Code et Conduite), sans s’en remettre à une auto-école classique pour l’ensemble du processus. Le candidat doit donc :


  • Effectuer lui-même sa demande d'inscription sur le site de l’ANTS (Agence nationale des titres sécurisés) ;

  • S’entraîner en autonomie, soit via des plateformes en ligne, soit à l’aide de manuels et d’applications dédiées ;

  • Réserver sa place à l’épreuve théorique (ETG, plus connu sous le nom de « Code ») auprès d’un centre agréé ;

  • Une fois le Code obtenu, réserver une place à l’épreuve pratique et organiser ses leçons (avec un accompagnateur répondant aux critères légaux ou une auto-école à la carte).


Ce mode d’accès s’ouvre à tous, à condition de résider en France, d’avoir au moins 17 ans (16 pour la conduite accompagnée) au passage du Code et de respecter la réglementation fixée par la Préfecture.


Quels sont les avantages d’une inscription en candidat libre ?


  • Économie sur les frais de formation : les forfaits auto-écoles traditionnels incluent souvent des frais d’inscription, de gestion, de location de véhicule, etc. En candidat libre, chaque étape est individualisée, ce qui permet un coût global souvent réduit si l’on s’organise rigoureusement.

  • Souplesse du calendrier : le candidat adapte ses séances de révision et sa planification d’examen selon ses impératifs personnels (études, travail, famille).

  • Possibilité de choisir son accompagnateur : pour la conduite, il est possible de se former avec un proche (parent, ami) ayant le permis depuis plus de 5 ans sans interruption, offrant un cadre rassurant et flexible.

  • Entraînement personnalisé : grâce aux nombreux outils numériques, applications et plateformes en ligne, la préparation se fait sur mesure et à volonté.


L’expérience nécessite cependant rigueur, autonomie et une bonne préparation administrative.


Comment s’inscrire : les étapes administratives incontournables


  1. Création d’un compte ANTS et obtention du numéro NEPH :
    Le parcours commence sur ants.gouv.fr : il faut remplir un dossier en ligne, déposer les documents justificatifs (pièce d’identité, justificatif de domicile, attestation de recensement ou JDC, photo/signature numérique, etc.) et obtenir le célèbre numéro NEPH (Numéro d’Enregistrement Préfectoral Harmonisé) qui suivra chaque étape jusqu’à la délivrance du permis.

  2. Inscription à l’examen du Code :
    Depuis 2016, l’épreuve théorique du Code de la route se déroule dans des centres privés (La Poste, SGS, Pearson Vue…) répartis partout en France. L’inscription se fait en ligne avec le NEPH ; le tarif est réglementé (30 € l’épreuve en 2024), réglable à la réservation.

  3. Passage du Code et résultats :
    Une fois le Code passé, le résultat est généralement disponible sous 48 heures. En cas d’échec, on peut se réinscrire aussi souvent que nécessaire moyennant à chaque fois le paiement des frais d’examen.

  4. Demande d’accès à l’épreuve pratique :
    Après l’obtention du Code, il faut demander une place pour l’examen de conduite. Dans la plupart des départements, cela passe par une interface dédiée sur les sites des DDT (Services de l’État), parfois via une convocation directe.
    Attention : le délai d’attente peut être supérieur à celui des élèves d’auto-école, variable selon la région.


S’organiser pour la pratique : avec ou sans auto-école ?


La pratique est l’étape clé où l’on peut vraiment adapter sa préparation :


  • Choisir un accompagnateur : il faut un proche détenteur du permis B français depuis au moins 5 ans sans interruption. Ce dernier s’engage à respecter la réglementation (disques “conduite accompagnée”, inscription sur l’assurance du véhicule, etc.). L’accompagnateur n’est pas rémunéré et ne doit pas avoir commis de délits majeurs au volant.

  • Assurer la voiture pour l’apprentissage : il est obligatoire d’informer votre assureur de l’utilisation du véhicule pour la formation d’un candidat libre. De nombreux assureurs proposent des extensions spécifiques, parfois limitées en durée ou en kilométrage.

  • Louer un véhicule à double commande : de nombreuses agences spécialisées proposent la location de voitures à double pédalier, accessibles aux candidats libres et leur accompagnateur. C’est l’unique option légale si l’on n’a pas de véhicule adapté dans son entourage.

  • Prendre des heures en complément dans une auto-école : les établissements sont tenus d’accepter des candidats libres pour des heures à la carte, selon leur disponibilité et leur politique interne, avec des tarifs généralement affichés à l’heure. Utile pour s’entraîner sur les dernières difficultés ou obtenir des conseils pro.


Quels sont les points de vigilance et les pièges à éviter ?


  • Préparation insuffisante à la conduite : il est vivement conseillé d’accumuler au moins 20 à 30 heures au volant, sur des parcours variés (ville, autoroute, routes de campagne...), avant de s’inscrire à l’examen. Passer trop vite peut coûter cher en recours successifs.

  • Assurance inadaptée : un accident au volant non déclaré par l’assurance dans le cadre de la formation peut entraîner un refus d’indemnisation dangereux pour tous. Toujours privilégier la transparence.

  • Mauvaise gestion du calendrier : certaines préfectures croulent sous les demandes. Anticipez dès l’obtention du Code pour réserver un créneau pratique aussi tôt que possible, en gardant en tête les délais qui dépassent parfois plusieurs mois.

  • Sous-estimer l’implication de l’accompagnateur : il doit agir comme un pédagogue, corriger les erreurs mais aussi rester patient et constructif. Préférez quelqu’un qui saura vous accompagner sans stress et avec régularité.


Budget : combien ça coûte vraiment ?


Le coût global dépend de l’organisation choisie :


  • Inscription administrative sur l’ANTS : gratuite

  • Frais d’examen du Code : 30 € par passage

  • Location de véhicule à double commande : de 15 à 40 € / heure selon les villes, parfois dégressif avec forfait

  • Heures complémentaires en auto-école : environ 40 à 60 € / heure

  • Assurance temporaire ou extension : variable selon l’assureur, 30 à 200 € selon la durée

  • Livres, applications, plateformes de Code : de 20 à 80 € en moyenne


Au total, un candidat motivé et bien préparé peut obtenir son permis pour 700 à 1 200 € selon le nombre d’heures pratiquées, soit nettement moins qu’un forfait classique (souvent 1 500 à 2 000 € ou plus).


Nos conseils pratiques et points de repère pour réussir


  1. Planifiez un calendrier précis : fixez-vous des objectifs hebdomadaires de révisions et de conduite pour entretenir une progression régulière.

  2. Variez les situations de conduite : multipliez les heures à des horaires et sur des routes différentes pour vous confronter à tous les scénarios de l’examen.

  3. Simulez l’examen blanc : entraînez-vous avec un accompagnateur à « l’examen blanc », en respectant les consignes officielles et le déroulé type de l’épreuve.

  4. Gardez en tête l’auto-évaluation : utilisez les grilles officielles de compétence pour repérer vos faiblesses et cibler vos révisions.

  5. Préparez-vous aux questions « hors véhicule » : l’inspecteur peut interroger sur des éléments techniques et des vérifications autour de la voiture. Prévoyez rétroviseurs, phares, niveaux !

  6. Restez informé sur la réglementation : la législation (modalités, délais, formats) peut évoluer. Renseignez-vous régulièrement sur le site officiel de l’administration.


Ils l’ont fait : témoignages de candidats libres


  • Paul, 22 ans, étudiant : « J’avais un petit budget et un emploi du temps chargé. Passer le Code en candidat libre m’a permis de réviser le soir, quand j’étais disponible. J’ai loué une voiture double commande pour m’entraîner avec mon père : on a progressé ensemble et le coût est resté raisonnable. »

  • Louise, 29 ans, salariée : « J’avais déjà de l’expérience après avoir conduit à l’étranger, donc je voulais juste valider le permis français. En candidat libre, j’ai pu cibler quelques heures en auto-école pour la mise à niveau, puis m’organiser pour l’examen. »

  • Hugo, 18 ans : « J’ai raté le Code une fois, mais comme je n’étais pas en auto-école, ça n’a pas eu de coût supplémentaire, hormis l’inscription. J’ai pris des abonnements à des applis pour m’entraîner. Le jour de l’examen, j’étais super préparé !»


En résumé : le permis en candidat libre, pour qui, pourquoi ?


Ce mode d’apprentissage s’adresse avant tout à ceux souhaitant gérer eux-mêmes leur parcours, disposant d’un minimum de rigueur et, idéalement, d’un accompagnateur motivé. Il favorise l’autonomie, le sur-mesure et la maîtrise du budget, mais exige discipline, organisation et démarches administratives précises.

Dans tous les cas, bien s’informer, anticiper la pratique, ne pas hésiter à se faire aider ponctuellement par des professionnels (moniteurs, plateformes), et rester patient face aux éventuels délais administratifs, sont les clés d’une aventure de candidat libre réussie pour accéder au précieux sésame du permis B.


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