Guides permis

Ce qu’il faut savoir sur les nouvelles technologies d’aide à la conduite lors du permis

Par Maxime
5 minutes

Les aides à la conduite : incontournables du permis et du quotidien


L’univers de l’automobile évolue à grande vitesse, et rares sont désormais les véhicules neufs dépourvus de technologies d’assistance à la conduite, aussi appelées ADAS (Advanced Driver Assistance Systems). Pour les candidats au permis comme pour les conducteurs aguerris, comprendre leurs fonctions, leur utilité mais aussi leurs limites, est devenu un enjeu clé.
Leur déploiement massif impacte à la fois les modalités de passage du permis, l’apprentissage derrière le volant et la sécurité routière. Décryptage de ce qui change réellement, et conseils pour mieux réussir son permis dans ce nouveau contexte technologique.


De quoi parle-t-on exactement ? Panorama des principales aides à la conduite


Les technologies d’aide à la conduite se déclinent en une multitude de dispositifs, plus ou moins avancés, tous conçus pour assister, alerter ou suppléer l’action du conducteur. Parmi les plus courants sur les modèles actuels :

  • ABS (système antiblocage des roues) : désormais obligatoire, il empêche les roues de se bloquer lors d’un freinage brusque, préservant la maîtrise de la trajectoire.

  • ESP (contrôle électronique de trajectoire) : détecte et corrige les pertes d’adhérence, en agissant automatiqument sur les freins de certaines roues.

  • Assistant au freinage d’urgence (AFU) : amplifie le freinage en cas de danger soudain, lorsque la pression sur la pédale est insuffisante.

  • Alerte de franchissement involontaire de ligne (AFIL) : avertit ou agit sur la direction si le véhicule dévie de sa voie sans clignotant.

  • Régulateur et limiteur de vitesse : maintient ou borne automatiquement la vitesse du véhicule selon la configuration choisie.

  • Aide au stationnement : radars de recul, caméras ou systèmes autonomes de parking pour simplifier les manœuvres.

  • Détecteur d’angle mort : signale la présence d’un véhicule non visible dans le rétro.

  • Avertisseur de collision frontale et freinage automatique : anticipe les risques de choc et peut freiner seul en urgence.

  • Lecture automatique des panneaux ou maintien dans la voie : de plus en plus répandus, ils sont souvent liés à la préfiguration de la conduite autonome.


S'ils sont aujourd’hui omniprésents, l’ensemble de ces dispositifs n’ont pas encore le même poids dans l’examen du permis, mais ils façonnent déjà la manière de conduire et d’apprendre à conduire.


L’intégration des aides à la conduite dans le passage du permis


Depuis 2019, le Code de la route a évolué pour prendre en compte la montée en puissance des ADAS. Premier changement notable : l’épreuve pratique du permis autorise l’usage de toutes les aides intégrées d’origine à la voiture utilisée le jour J. Plus besoin de désactiver un régulateur avant l’évaluation ou d’éviter les modèles récents équipés d’aides avancées.


L’objectif ? Refléter les conditions réelles de conduite, former à l’usage intelligent de la technologie, mais aussi tester la capacité à garder la maîtrise sans s’y reposer aveuglément. Ainsi, l’examinateur attend du candidat qu’il :

  • Comprenne le fonctionnement des dispositifs présents sur le véhicule d’examen,
  • Sache activer ou désactiver une aide selon les besoins (ex : désactiver un limiteur avant un dépassement sécurisé),
  • Soit capable d’interpréter les alertes sonores ou visuelles,
  • Ne se repose jamais totalement sur une assistance pour les contrôles de sécurité (angles morts, surveillance du trafic…),
  • Puisse justifier ses choix et démontrer qu’il reste l’acteur principal de la sécurité routière.

Réviser ces points en avance est désormais aussi essentiel que le bon maniement du volant ou la connaissance des priorités.


Ce qu’il ne faut pas croire : les aides remplacent-elles le savoir-faire ?


Si les aides à la conduite sont de véritables progrès en termes de sécurité, elles restent des appuis et non des substituts à la vigilance humaine.
À titre d’exemple, un assistant de maintien dans la voie ne remplace pas les contrôles visuels d’un conducteur attentif, ni sa capacité à anticiper les comportements imprévisibles des autres usagers.
En cas d’utilisation abusive ou mal comprise, elles peuvent même devenir dangereuses : excès de confiance, relâchement de l’attention, dépendance au freinage automatique pouvant masquer une mauvaise anticipation, etc.


Lors des formations au permis et de l’examen, l’instructeur puis l’inspecteur valorisent toujours la prise d’initiative, la compréhension des limites des aides, et l’aptitude à conduire « avec et sans » technologies. Un radar de recul n’exempte pas par exemple de vérifier la présence d’un obstacle à l’œil nu ou dans les rétroviseurs.


Découvrez les obligations légales et les évolutions réglementaires


Certaines aides sont aujourd’hui rendues obligatoires sur les véhicules dits neufs (première immatriculation) vendus dans l’Union européenne :

  • Depuis juillet 2022 : freinage automatique d’urgence, avertisseur de franchissement de ligne, détecteur de somnolence, limiteur de vitesse intelligent ou encore détecteur de marche arrière (radar ou caméra) sont obligatoires sur tous les nouveaux modèles homologués.

  • Dès juillet 2024, ils le seront sur tous véhicules neufs vendus, quel que soit leur ancienneté de conception.

Pour les candidats au permis, cela signifie que la probabilité de passer l’examen sur une voiture dotée de ces technologies ne fera qu’augmenter. Auto-écoles et examinateurs sont donc invités à former aussi bien à l’analyse, l’utilisation qu’à la désactivation de ces aides, certaines étant contre-productives en ville ou lors de manœuvres délicates.


Exemples pratiques : comment réagir face aux ADAS lors du permis ?


Voici quelques mises en situation régulièrement rencontrées à l’examen :

  • Régulateur/limiteur de vitesse : l’inspecteur peut demander de rouler avec le régulateur en place sur une portion adaptée, mais il observera votre capacité à reprendre la main ou à adapter votre allure lors d’un changement de situation.

  • Caméra ou radars de recul : utilisables pour compléter la manœuvre, mais le contrôle visuel direct reste impératif pour valider la sécurité de tous les usagers.

  • Alerte franchissement de ligne : une vibration du volant suite à un mauvais placement dans la voie est évaluée comme une erreur du candidat, pas comme une réussite d’utilisation de l’aide.

Le mieux : informer dès le début de l’épreuve l’inspecteur des aides présentes et s’assurer d’être à l’aise sur leur fonctionnement.


Astuces pratiques pour profiter au mieux des technologies d’aide à la conduite


  • Prenez le temps, lors des heures de conduite, de tester chaque assistance sous la supervision du formateur.
  • Familiarisez-vous avec les voyants, alertes et commandes spécifiques du véhicule de l’auto-école.
  • Demandez systématiquement si l’aide est activée/de quelle manière elle intervient (réglages personnalisables).
  • N’hésitez pas à « couper » une aide si elle vous déconcentre, mais justifiez-le à l’inspecteur.
  • Sachez que, même ultra-équipé, un véhicule nécessite toujours le même niveau d’anticipation, de concentration et de partage des priorités.

Entre progrès techniques et nouvel état d’esprit du conducteur


Avoir à portée de main ces aides transforme le rapport à la prudence et l’exigence demandée au volant, mais impose aussi de ne jamais baisser la garde.
Dans la logique de la formation au permis, ces technologies deviennent donc à la fois un atout et un test d’adaptabilité : il ne s’agit plus seulement de savoir conduire, mais d’apprendre à piloter une voiture moderne, de prendre du recul sur les signaux électroniques et de ne jamais oublier l’essentiel : c’est toujours au conducteur de décider, d’anticiper et de corriger, pour sa sécurité comme celle des autres.


En résumé : se former aux aides à la conduite, un passage obligé


L’avenir de la route appartient à l’humain épaulé par la technologie, non à la substitution totale par la machine.
À l’heure où décrocher son permis impose de composer avec régulateurs, capteurs et alertes, la clé d’un passage réussi reste la compréhension, l’adaptation et le discernement. Préparez-vous à maîtriser aussi bien le véhicule que l’ensemble de ses systèmes, pour gagner en sécurité, en autonomie, et en confiance… sur la route comme lors du tant redouté examen.

Articles à lire aussi
carnetnomade.com