Électrique & hybride

Bilan carbone des voitures électriques et hybrides : ce qu’il faut vraiment savoir

Par Maxime
5 minutes

Comprendre l’impact environnemental global des voitures électriques et hybrides


Pionnières de la mobilité propre, les voitures électriques et hybrides deviennent incontournables sur nos routes. Mais leur avantage en termes d’émissions à l’échappement est-il suffisant pour garantir un vrai plus pour l’environnement ? De la fabrication des batteries à la production de l’électricité, en passant par l’entretien et la fin de vie des véhicules, la réalité derrière le "bilan carbone" mérite un décryptage complet.


De quoi parle-t-on ? Le calcul du bilan carbone en automobile


Le bilan carbone d’une voiture, c’est la somme des émissions de gaz à effet de serre générées tout au long de sa vie. On distingue trois grandes étapes :


  • La fabrication : extraction des matières premières, production des composants (notamment la batterie), assemblage.
  • L’usage : énergie consommée lors de la conduite, émissions indirectes liées à la production du carburant ou de l’électricité.
  • La fin de vie : traitement du véhicule hors d’usage, recyclage ou destruction des composants (batterie incluse).

Contrairement aux idées reçues, les émissions à l’échappement ne représentent qu’une partie du problème, surtout pour les voitures thermiques. Pour les modèles électriques et hybrides, c’est souvent la phase de fabrication et la source de l’énergie utilisée qui pèsent le plus.


La fabrication : l’empreinte environnementale cachée des batteries


Le point souvent soulevé lorsque l’on parle de voitures électriques, c’est la batterie. Riche en matériaux rares (lithium, cobalt, nickel), sa fabrication requiert une énergie considérable. Selon l’Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie (ADEME), produire une batterie de 40 kWh (capacité courante pour une citadine) émet de 3 à 6 tonnes de CO₂. La production d’un véhicule électrique démarre donc avec un « passif » supérieur à l’équivalent thermique.


L’impact varie selon :

  • Le mix énergétique utilisé dans les usines (charbon, gaz ou énergies renouvelables ?)
  • La filière d’extraction et le transport des minerais
  • Le recyclage post-fabrication et le réemploi des matériaux

Pour les hybrides, la batterie étant plus petite, l’empreinte initiale est inférieure, mais le véhicule cumule essence et électricité, ce qui complexifie le calcul.


L’usage quotidien : des émissions qui dépendent du « mix » électrique


L’un des plus grands avantages des voitures électriques réside dans l’absence d’émission à l’échappement. Cependant, pour rouler « zéro émission », il faut regarder d’où provient l’électricité :


  • Électricité décarbonée : En France, où le nucléaire et les énergies renouvelables représentent l’essentiel du mix, le carbone émis pour charger une voiture reste faible (environ 15 à 20 g de CO₂/km).
  • Électricité fossile : Dans les pays où le charbon ou le gaz prédominent (Allemagne, Pologne…), l’avantage s’estompe : entre 100 et 200 g de CO₂/km, voire plus selon la période et la source.

À noter : les hybrides rechargeables, eux, émettent peu lorsqu’ils roulent électrique, mais dès que le mode essence prend le relais (sur longs trajets ou batterie vide), le bilan rejoint celui des thermiques.


Durée de vie et entretien : un atout pour réduire le bilan global


Plus un véhicule roule longtemps, plus son bilan carbone s’améliore : le "coût écologique" de sa fabrication est amorti sur un kilométrage élevé. Les électriques, réputées endurantes en entretien du moteur (moins de pièces d’usure qu’un moteur thermique), peuvent dépasser les 200 000 km sans entretien lourd. La fiabilité des batteries s'améliore également d'années en années : les constructeurs garantissent souvent 70% de capacité sur 8 ou 10 ans, voire davantage.


Pour l’hybride classique, le véhicule alterne fonctionnement électrique (à basse vitesse) et thermique, avec une consommation moyenne plus basse, mais une complexité mécanique supérieure qui peut impacter l’entretien selon l’usage.


Recyclage et seconde vie : la question sensible de la batterie


La seconde vie des batteries, souvent citée à controverse, est l’objet d’innovations rapides :


  • De plus en plus de filières recyclent batteries usagées pour extraire lithium, cobalt et nickel (l’Europe s’organise autour de projets d’usines dédiées comme à Douai ou Dunkerque).
  • Les batteries qui ne conviennent plus à la traction automobile sont réemployées dans le stockage stationnaire d’électricité (solaires, éoliennes).
  • Depuis 2023, la réglementation européenne impose une proportion croissante de matériaux recyclés dans les nouvelles batteries.

Si le recyclage reste énergivore, les progrès rapides observés devraient permettre, à l’avenir, de boucler la boucle et de réduire l’impact initial de fabrication.


Bilan carbone comparatif : électrique, hybride ou thermique ?


Au final, que valent ces véhicules face aux modèles essence ou diesel ? Selon l’ADEME, une voiture électrique en France commence à “rattraper” le surcoût carbone de sa fabrication dès 30 000 à 50 000 km, comparée à une voiture essence équivalente. En Europe centrale ou de l’Est (mix énergétique moins favorable), ce seuil s’allonge jusqu’à 100 000 km.


  • Électrique : Meilleure solution dès lors qu’il existe une électricité majoritairement décarbonée et que l’automobiliste parcourt au moins 10 000 km/an ou conserve sa voiture longtemps.
  • Hybride classique : Solution intéressante en usage principalement urbain, mais bilan plus mitigé sur autoroute. Il reste inférieur au thermique pour de petits trajets répétés.
  • Hybride rechargeable : Efficace si l’on recharge très régulièrement chez soi, sinon les épisodes thermiques alourdissent vite la facture carbone.
  • Thermique classique : Moins compétitif, d’autant que l’entretien et le carburant génèrent des émissions récurrentes incompressibles.

Chaque usage influera donc sur la performance environnementale réelle du véhicule. L’entretien raisonné, la longévité, et un usage cohérent (autonomie réellement nécessaire, recharge à la maison plutôt qu’en charge ultra-rapide) participent à réduire l’empreinte carbone finale.


Comment optimiser l’empreinte de son véhicule ?


  • Favorisez la recharge en heures creuses et, si possible, issue d’énergies renouvelables (c’est le cas des bornes publiques gérées par certains syndicats départementaux de l’énergie).
  • Anticipez la maintenance et privilégiez l’entretien régulier pour maximiser la durée de vie.
  • Privilégiez le réemploi et la réaffectation : une voiture électrique même usagée conserve beaucoup de valeur pour les petits trajets, l’autopartage ou la revente.
  • Gardez à l’esprit que la production et le recyclage des batteries progressent : plus votre modèle est récent, plus son impact initial est faible grâce au mix énergétique amélioré des usines et au taux de recyclage optimisé.

Le mot de la fin : des choix individuels et collectifs pour la mobilité de demain


Voitures électriques et hybrides n’effacent pas intégralement l’empreinte carbone de la mobilité, mais elles représentent une avancée clé, surtout dans les pays où l’électricité est faiblement carbonée. L’enjeu, demain, sera d’accélérer la décarbonation de l’énergie et du cycle industriel pour se rapprocher du « zéro émission » réel sur tout le cycle de vie.


Mobilité propre rime aussi avec usage raisonné : même la voiture la plus vertueuse aura toujours une empreinte, alors que la sobriété, le partage et le choix du bon véhicule à la bonne place restent essentiels. À suivre sur carnetnomade.com : nos prochains guides sur la recharge intelligente, les innovations dans le recyclage des batteries, et les retours d’expérience sur l’utilisation au quotidien de véhicules électrifiés.


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