Un premier trimestre 2024 dynamique pour le marché français de l’automobile
Le secteur automobile français a entamé l’année 2024 sous le signe du renouveau, porté par des évolutions majeures aussi bien du côté des énergies que des usages d’achat. Entre progression des immatriculations et réorganisation du panorama des motorisations, carnetnomade.com vous propose un tour d’horizon chiffré et analytique des tendances qui se sont dessinées de janvier à mars 2024.
Un rebond général confirmé sur les trois premiers mois
D’après les données du Comité des Constructeurs Français d’Automobiles (CCFA), le volume des immatriculations de voitures particulières neuves en France a augmenté durant le premier trimestre 2024. Ce rebond, amorcé fin 2023 après deux années dégradées par la crise sanitaire et la pénurie de composants, s’est traduit par une croissance de +6,5 % comparé à la même période de 2023. Avec près de 450 000 véhicules particuliers mis sur les routes françaises sur le trimestre, le secteur retrouve ainsi des volumes proches de ceux observés avant la crise, même si la structure du marché évolue rapidement.
Cette progression bénéficie particulièrement aux constructeurs français, qui voient leurs parts de marché se maintenir, grâce à des lancements stratégiques et à la mise sur le marché de nouveaux modèles adaptés aux exigences environnementales et budgétaires des ménages.
Essor de l’électrification : l’éclosion du « mix énergétique »
Le véritable bouleversement de ce premier trimestre 2024 concerne cependant la répartition par motorisation. Les énergies alternatives, en particulier l’électrique et l’hybride rechargeable, poursuivent leur montée en puissance.
- Véhicules 100 % électriques : avec plus de 65 000 exemplaires immatriculés, le segment des électriques pures s’offre une progression de +26 % par rapport au T1 2023. La part de marché des électriques franchit désormais la barre des 14 % sur le trimestre.
- Hybrides rechargeables et non rechargeables : Les versions hybrides (mild hybrid, full hybrid et plug-in) totalisent 30 % des ventes de voitures neuves, confirmant l’attirance croissante des automobilistes pour les motorisations alliant sobriété et polyvalence.
- Diesels en déclin : Le recul du diesel se poursuit, ne représentant plus que 12 % des nouvelles immatriculations, contre encore plus de 20 % il y a deux ans.
- Essence : Si l’essence reste dominante avec environ 38 % des parts, son avance diminue progressivement face à la montée croissante de l’électrification.
Ce tournant énergétique est également encouragé par la structuration d’un réseau de bornes de recharge plus dense, des primes à l’achat préservées au premier trimestre et un élargissement de la gamme des modèles proposés, du segment citadine jusqu’aux SUV compacts.
Les citadines et SUV compacts toujours populaires
Du côté des silhouettes, la tendance reste inchangée, la catégorie des SUV et SUV compacts continuant de dominer les choix d’achat, suivie des citadines polyvalentes.
- Pouf du Lion en tête : La Peugeot 208 demeure la voiture la plus immatriculée sur le trimestre, toutes motorisations confondues, témoignage du succès de ses versions thermiques et électriques.
- Renault Clio, Sandero et Twingo : Les citadines du groupe Renault-Dacia réalisent de belles performances. La Clio IV-V et la Dacia Sandero suivent de près, avec des déclinaisons hybrides et GPL en flèche.
- Peugeot 2008, Renault Captur, Toyota Yaris Cross : Le segment SUV urbain attire de plus en plus d’acheteurs, portée par la diversité de l’offre en électrifié et par sa polyvalence au quotidien.
La progression des modèles compacts électrifiés laisse présager une évolution continue des choix de consommation vers des véhicules à faibles émissions.
Dynamique des professionnels et du leasing : nouveaux modes de consommation
Le premier trimestre 2024 est également marqué par une transformation dans les modes d’acquisition et d’utilisation des véhicules neufs. Le leasing, porté par la montée du « leasing social », séduit un public élargi. Grâce à des offres attractives débutant en dessous de 100 €/mois pour certains modèles électriques compacts, le profil des acheteurs se diversifie et permet de soutenir la courbe de croissance des immatriculations particulières.
Le canal des achats professionnels n’est pas en reste. Flottes d’entreprises, administrations ou loueurs voient les immatriculations repartir à la hausse, parallèlement à l’intensification des politiques RSE et à la nécessité de verdir les parcs, notamment dans les grandes agglomérations soumises aux restrictions ZFE (Zone à Faibles Émissions). De nombreux professionnels privilégient des modèles hybrides rechargeables ou électriques afin d’anticiper la règlementation et de maîtriser la fiscalité liée au véhicule de société.
Constructeurs français et européens à l’offensive
Les constructeurs nationaux profitent de ce contexte porteur. Peugeot, Renault, mais aussi Citroën et Dacia voient plusieurs de leurs modèles occuper les premières places, avec des taux de croissance parfois à deux chiffres sur certaines versions électriques ou hybrides. Stellantis se démarque particulièrement sur l’électrification des utilitaires, tout comme Renault sur la démocratisation de ses modèles E-Tech et sur le très attendu Renault Scénic E-Tech dont le lancement commercial a stimulé les commandes en février et mars.
Côte constructeurs étrangers, Tesla réussit à conserver une position solide sur l’électrique (non sans une certaine volatilité selon ses opérations commerciales), Volkswagen et Toyota se taillent de beaux succès sur l’hybride alors que Hyundai, Kia et MG accélèrent sur le rapport prix-prestations en électrique pur.
Véhicules utilitaires légers : l'électrique gagne du terrain mais reste minoritaire
Sur le segment des véhicules utilitaires légers (VUL), le marché retrouve également de la vigueur avec une croissance de +15 % sur un an. Si plus de 110 000 utilitaires ont été immatriculés sur le trimestre, la part de l’électrique progresse (environ 9 % des volumes), notamment grâce aux besoins de livraison du dernier kilomètre et à la multiplication des offres adaptées aux professionnels urbains. Toutefois, les motorisations thermiques, et notamment le diesel, restent dominantes, en particulier pour les artisans et professions itinérantes exigeant des autonomies élevées et un usage majoritairement extra-urbain.
Marché de l’occasion : frémissement sur les véhicules récents et électrifiés
Légère tendance positive également sur le marché de l’occasion, avec un regain d’intérêt pour les modèles électrifiés récents (moins de 5 ans), portés par les particuliers souhaitant accéder à l’électrique sans supporter le prix du neuf. Le volume global d’échanges reste stable, mais la rotation des modèles hybrides et électriques s’accélère, preuve d’une confiance croissante dans ces technologies et d’un effet « seconde vie » bénéfique à la démocratisation.
Enjeux à surveiller pour la suite de l’année
Malgré ces signaux positifs, les professionnels du secteur restent attentifs à plusieurs incertitudes :
- Le maintien des aides gouvernementales : Les perspectives d’évolution ou de réduction des bonus écologiques pourraient influencer le dynamisme sur l’électrique dès le second trimestre.
- La hausse des taux d’intérêt : Elle impacte le coût induit des financements et pourrait freiner certains arbitrages, notamment sur les segments les plus onéreux.
- L’éventuelle saturation de l’offre : L’accroissement du nombre de modèles électriques et hybrides sur le marché pourrait générer une concurrence féroce sur les prix et créer de nouveaux arbitrages chez les acheteurs particuliers comme professionnels.
Synthèse : un marché en mutation, sous le signe de l’électrification raisonnée
Ce premier bilan 2024 confirme que le marché automobile français aborde un virage stratégique, sous l’influence des politiques publiques, des attentes consommateurs et des innovations technologiques. L’essor de l’électrification, l’adaptation rapide de l’offre, la convivialité des nouveaux modes d’acquisition et la vitalité retrouvée des réseaux de distribution structurent une dynamique positive qui devrait se maintenir au-delà du printemps.
Le défi pour l’ensemble de la filière consiste désormais à rendre la transition accessible au plus grand nombre, à anticiper l’évolution de la réglementation et à accélérer, sans rupture, la modernisation du parc roulant. Rendez-vous à la fin du premier semestre pour vérifier si la tendance se confirme et décrypter ensemble, sur carnetnomade.com, les perspectives du secteur à la lumière des prochaines immatriculations.