Introduction : à la découverte d’une route mythique
Emblématique traversée des Alpes françaises, la Route des Grandes Alpes est un itinéraire incontournable pour les passionné(e)s d’automobile, de moto et de paysages de montagne. Reliant les rives du lac Léman à la Méditerranée, elle enchaîne cols prestigieux, villages de caractère et panoramas grandioses sur près de 700 kilomètres. Pour profiter pleinement de cette aventure, mieux vaut préparer à l’avance les étapes phares qui jalonnent ce voyage d’exception. Voici un guide détaillé pour vivre un parcours riche en découvertes, confort et sécurité.
Préparer son périple : organisation, saison et conseils pratiques
Avant de partir, quelques points essentiels sont à anticiper. La période idéale s’étend de juin à septembre, lorsque les cols sont ouverts et la météo clémente. Vérifiez toujours l’ouverture officielle des principaux passages de montagne, souvent soumis à la neige au printemps et à l'automne. Prévoyez un véhicule entretenu, un équipement approprié (vêtements chauds, eau, GPS ou carte papier), et réservez vos hébergements si vous partez en haute saison.
- Durée conseillée : Entre 4 et 7 jours pour savourer chaque étape sans précipitation.
- Modes de transport : Voiture (électrique ou thermique), moto, vélo pour les plus sportifs.
- Important : Certains tronçons sont très fréquentés en juillet-août, privilégiez le matin tôt pour éviter l’affluence.
Étape 1 : De Thonon-les-Bains à Morzine, l’entrée en matière
Point de départ officiel sur les rives du Léman, Thonon-les-Bains offre une transition douce entre plaine et montagne. Après la traversée de cette ville thermale, la route grimpe en direction du Chablais. Premier arrêt conseillé : Morzine, station familiale et départ idéal pour s’imprégner de l’ambiance alpine.
- À voir : Le village de Les Gets, typique et charmant, ou une pause au sommet du col de la Ramaz pour un panorama magistral.
Étape 2 : Morzine à Beaufort, immersion au cœur des Préalpes
Cette section permet de franchir deux premiers cols emblématiques :
- Col de la Colombière (1613 m) : Route sinueuse et points de vue sur la chaîne du Bargy, étape favorite des cyclistes du Tour de France.
- Col des Aravis (1486 m) : Depuis la station de La Clusaz, la vue s’ouvre sur le Mont Blanc. Possibilité de flâner dans le village de Megève, réputé pour son architecture alpine élégante et ses spécialités locales.
En descendant vers Beaufort, découvrez la fabrication du célèbre fromage du même nom dans une coopérative locale.
Étape 3 : Beaufort à Bourg-Saint-Maurice, l’ascension vers les grands cols
Cap sur l’un des moments forts : le col du Cormet de Roselend (1967 m). Son lac d’un bleu profond et ses pâturages luxuriants font de cet endroit un des spots photo les plus prisés de l’itinéraire. En poursuivant, Bourg-Saint-Maurice marque la porte d'entrée vers la Haute-Tarentaise.
- Astuce gourmande : Testez une tarte aux myrtilles ou une fondue dans une auberge de montagne.
Étape 4 : Bourg-Saint-Maurice à Val d’Isère, à l’assaut de l’Iseran
Ce tronçon mythique propose la traversée du plus haut col routier d’Europe :
- Col de l’Iseran (2764 m) : Ouvert seulement de juin à septembre, il offre un décor minéral grandiose et une vue sur la Haute-Maurienne.
Redescendez sur Bonneval-sur-Arc, classé parmi les « Plus beaux villages de France », et poursuivez jusqu’à la station chic de Val d’Isère, réputée pour ses hôtels de charme et ses restaurants locaux.
Étape 5 : De Val d’Isère à Briançon, le passage dans les Hautes-Alpes
- Col du Galibier (2642 m) : Symbole de la route, il relie la Maurienne au Briançonnais. Le panorama y est spectaculaire, tout comme la descente vers le col du Lautaret et Briançon, ville fortifiée par Vauban.
Profitez-en pour explorer la vieille ville de Briançon, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, et goûter la douceur de vivre « à l’alpine ».
Étape 6 : Briançon à Barcelonnette, les Alpes du Sud et changement d’ambiance
L’itinéraire se poursuit à travers une succession de cols audacieux :
- Col d'Izoard (2360 m) : Célèbre pour sa « Casse Déserte », paysage lunaire dominé par des flèches rocheuses.
- Col de Vars (2108 m) : Porte d'entrée de la vallée de l’Ubaye, spectaculaire de bout en bout.
Barcelonnette, au style mexicain étonnant, marque un arrêt idéal pour se ressourcer. Découvrez les maisons colorées héritées du passé migratoire de la vallée et dégustez une spécialité locale à une terrasse ensoleillée.
Étape 7 : Le col de la Bonette, toit des Alpes
Prendre la route de la Bonette, c’est tutoyer les nuages ! Le col culmine à 2715 mètres, et une petite boucle permet de monter à 2802 mètres sur la « cime de la Bonette », le plus haut point routier d’Europe. Panorama vertigineux garanti sur le Mercantour et la vallée de la Tinée.
Descente ensuite vers Saint-Étienne-de-Tinée, puis Saint-Sauveur-sur-Tinée, où l’influence méditerranéenne commence à se faire sentir dans l’architecture et la végétation.
La descente vers la mer : derniers cols et arrivée à Menton
La dernière section est une transition vers la douce Riviera :
- Col Saint-Martin, col de Turini : Les passionnés de rallye y retrouveront un tracé mythique, enchaînement de lacets serrés et paysages grandioses.
À Sospel, prenez le temps de flâner dans le centre, puis poursuivez vers Menton. L’arrivée sur la Méditerranée est un moment fort, avec une descente spectaculaire et la vue sur les toits colorés de cette ville frontalière, entre citronniers et palmiers.
Quelques conseils pour réussir son parcours
- Prendre son temps : Ne cherchez pas la performance : la Route des Grandes Alpes est avant tout une aventure contemplative.
- Respecter la montagne : Surveillez la météo, adaptez votre conduite et respectez la faune locale (marmottes, chamois...)
- Prévoir des arrêts techniques : Attention aux stations-service (plus rares entre certains cols), recharge planifiée indispensable pour les véhicules électriques.
- Opter pour des étapes courtes : Elles laissent place à l’improvisation, la visite de villages ou d’un marché local.
Les plus du parcours : spécialités régionales et patrimoine
Ce voyage est l’occasion de découvrir les richesses gastronomiques : fromages de Savoie, tartes aux fruits rouges, ravioles, miel d’alpage ou encore spécialités niçoises en fin de trajet.
- Particularité automobile : Il est possible de croiser d’authentiques voitures anciennes, groupes de motards ou de cyclistes, et parfois même des rassemblements sur certains cols l’été.
- Patrimoine : De nombreux musées, écomusées et maisons thématiques jalonnent le parcours, idéals pour une pause culturelle.
Conclusion : un itinéraire à vivre pleinement
Plus qu’un simple trajet, la Route des Grandes Alpes est une invitation à ralentir, à observer et à s’immerger dans des paysages uniques à l’échelle européenne. Chaque étape mérite d’être vécue intensément, qu’il s’agisse d’un lever de soleil sur un col, d’une dégustation chez un producteur local ou d’une discussion impromptue avec un habitant du cru. Planifiez, mais restez ouverts aux imprévus : c’est souvent là que le voyage prend toute sa saveur. À vous les virages, les découvertes et les souvenirs impérissables !