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Comment bien entretenir le système de direction assistée de votre voiture

Par Maxime
6 minutes

Comprendre le rôle crucial de la direction assistée


La direction assistée fait aujourd'hui partie intégrante de la majorité des véhicules, facilitant la manœuvre du volant, réduisant la fatigue du conducteur et améliorant la sécurité au quotidien. Que votre voiture soit équipée d’une direction assistée hydraulique, électro-hydraulique ou 100% électrique, ce composant mérite un entretien adapté pour garantir fiabilité et souplesse de conduite. Pourtant, de nombreux automobilistes ignorent encore son fonctionnement ou négligent quelques gestes simples qui pourraient leur éviter des réparations coûteuses.


Les différents types de systèmes de direction assistée


Avant d'agir, il importe de distinguer les technologies qui équipent nos véhicules modernes. Sur les voitures produites depuis une quinzaine d'années, trois grands systèmes se partagent le marché :


  • La direction assistée hydraulique : fonctionne avec une pompe entraînée par le moteur, injectant un fluide sous pression vers la crémaillère pour assister le mouvement.

  • L'assistance électro-hydraulique : combine une pompe commandée électriquement (plus efficiente, car sollicitée uniquement lorsque c’est nécessaire), mais qui reste basée sur la circulation de fluide.

  • L’assistance électrique : totalement dépourvue de fluide, elle utilise un moteur électrique intégré à la colonne ou à la crémaillère. Cette solution équipe désormais la plupart des véhicules neufs, en raison de sa moindre consommation d'énergie.


Chacun de ces systèmes a ses exigences d’entretien spécifiques. Connaître le type monté sur sa voiture (information disponible dans le carnet d’entretien ou auprès de son concessionnaire) est la première étape d’un suivi efficace.


Pourquoi soigner l’entretien de la direction assistée ?


Un système de direction assistée en bon état garantit confort, sécurité et maîtrise du véhicule. À l'inverse, une direction dure, saccadée ou bruyante, des fuites de liquide ou des alertes au tableau de bord signalent souvent un défaut qui peut évoluer en panne coûteuse, voire en danger sur route (perte d’assistance soudaine). Un entretien préventif prolonge la durée de vie de l'ensemble (pompe, moteur, durites, capteurs…) et limite le risque de dommages collatéraux sur la colonne de direction ou la crémaillère.


Contrôler régulièrement le niveau du liquide de direction assistée


Pour les systèmes hydrauliques (hydrauliques ou électro-hydrauliques), le contrôle du niveau et de la qualité du liquide est fondamental :


  • La vérification du niveau : repérez le réservoir (bouchon souvent marqué d’un volant) et vérifiez à froid que le niveau est compris entre les repères minimum et maximum. Un niveau trop bas peut causer un bruit de pompe, une assistance saccadée ou, pire, une casse de la pompe.

  • L’état du liquide : la couleur doit rester claire (souvent rouge ou verte selon le type utilisé). Un fluide brunâtre, épais ou avec une odeur de brûlé indique un vieillissement ou une contamination (eau, particules), et doit être purgé rapidement. Un liquide dégradé use prématurément la pompe et la crémaillère.


Consultez le manuel constructeur pour connaître la fréquence recommandée de contrôle, qui se situe généralement entre chaque révision ou tous les 10 000 à 20 000 km sur véhicules anciens. Pour tout appoint, utilisez exclusivement le fluide préconisé par le constructeur.


Remplacer ou faire remplacer le liquide de direction : pourquoi et quand ?


La purge intégrale du circuit hydraulique n’est pas toujours systématiquement prévue à l’entretien, mais elle se révèle bénéfique au-delà de 60 000 à 100 000 km, surtout si le liquide vieillit, chauffe excessivement ou s’est émulsionné. Un professionnel procédera à :


  • La vidange du fluide, nettoyage du réservoir et remplacement des durites si besoin,

  • Un contrôle visuel de l’étanchéité (absence de suintement sous la pompe, sur les raccords, autour de la crémaillère),

  • La vérification de la tension de la courroie (si la pompe n’est pas électrique).


Un liquide sain prévient l'apparition de bruits anormaux, la dégradation des joints et protège la pompe contre la surchauffe. Si votre véhicule est équipé d’une assistance électrique pure, le problème ne se pose pas à propos du liquide – l'entretien portera alors sur d’autres composants (voir ci-après).


Pour les directions assistées électriques : quels contrôles et gestes préventifs ?


Les modèles dotés d’une assistance « full électrique » sont moins exigeants en maintenance pure, mais ils n’en restent pas moins sensibles à l’usure mécanique et à l’environnement. Quelques conseils :


  • Assurez-vous du bon fonctionnement des capteurs d’angle, du coupleur et du moteur électrique (absence de voyants ou d’alertes au tableau de bord).

  • En cas de jeu excessif au volant, de bruit (cliquetis, frottements), ou de défaut électronique signalé pendant la conduite, faites contrôler rapidement la crémaillère ou la colonne par un professionnel.

  • Veillez à ce qu’aucune infiltration d’eau ou de saletés ne vienne détériorer les connecteurs ou le boîtier de commande, souvent localisés dans le compartiment moteur.

  • Un diagnostic électronique régulier, notamment lors des révisions, permet de prévenir les pannes imprévues.


Observer les symptômes d’usure ou de dysfonctionnement


La majorité des pannes ou problèmes liés à la direction assistée donnent quelques signes annonciateurs. Soyez attentif si vous constatez :


  • Un volant qui devient anormalement dur en manœuvre ou à basse vitesse,

  • Des secousses ou à-coups dans la direction,

  • Des bruits de gémissement, couinement ou grognement, surtout lors de braquages complets,

  • Des fuites visibles sous la voiture côté crémaillère ou sous le réservoir du liquide,

  • Un voyant orange ou rouge en forme de volant ou de point d’exclamation au tableau de bord.


Le plus tôt les anomalies sont détectées, moins les réparations seront lourdes.


Préserver la longévité de votre direction assistée : l’entretien au quotidien


  1. Évitez les blocages extrêmes : maintenir le volant en butée complète (braqué à fond) plus de deux à trois secondes sollicite inutilement la pompe ou le moteur d’assistance et accélère l’usure.

  2. Nettoyez votre compartiment moteur : La saleté, l'humidité ou les liquides de nettoyage agressifs peuvent détériorer les connectiques électriques ou attaquer les durites et joints. Un compartiment moteur sain limite les risques.

  3. Vérifiez l’état des soufflets de crémaillère : Ils protègent la crémaillère de la poussière et de l'eau. Un soufflet percé peut induire une dégradation rapide du système.

  4. Programme d’entretien : Respectez les échéances préconisées par le constructeur pour contrôles et révisions, et ne négligez pas de mentionner tout symptôme inhabituel à votre garagiste.

  5. Utilisez des pièces de qualité : En cas de remplacement (pompe, durite, liquide…), exigez des pièces conforme à l’origine, seules garantes de longévité et de performance.


Système de direction assistée : ce que vous pouvez faire vous-même


Sans être mécano confirmé, certains contrôles et petits entretiens sont à la portée de tous :


  • Vérification du niveau du liquide à intervalles réguliers,

  • Observation d’éventuels suintements ou fuites,

  • Écoute attentive des bruits lors des manœuvres à l’arrêt ou à faible allure,

  • Signalement rapide de changements de comportement du volant lors de vos déplacements quotidiens.


Prenez garde néanmoins à la manipulation de liquide : il peut être corrosif pour la peau et nécessiter l’utilisation de gants ou de chiffons absorbants en cas de nettoyage de la zone du réservoir.


Quand faut-il confier l’entretien de sa direction assistée à un professionnel ?


Dès l’apparition d’un symptôme inquiétant (fuite importante, bruit inhabituel, allumage d’un voyant, durcissement soudain…), il vaut mieux s’adresser à un spécialiste. La direction assistée est un organe de sécurité : il serait risqué de retarder l’examen ou d’effectuer une réparation inadaptée. Un professionnel dispose des outils pour :


  • Purger ou récupérer le fluide endommagé sans pollution de l’environnement,

  • Contrôler la crémaillère, la colonne de direction, la pompe ou le moteur électrique,

  • Effectuer un diagnostic précis à l’aide de la valise électronique,

  • Évaluer l’état des rotules, silentblocs et autres pièces associées à la direction.


Dans le cas de systèmes électriques, la prise OBD permet également de détecter des alertes invisibles à l’œil nu (surtension, capteur défectueux…).


Pour résumer : une attention régulière, gage de sécurité et de longévité


L’entretien du système de direction assistée ne s’improvise pas, mais quelques gestes de contrôle et de prévention suffisent à préserver la sensation de conduite agréable à laquelle vous êtes habitué. Qu’il s’agisse de veiller sur le niveau et la propreté du liquide pour les systèmes hydrauliques, ou d’être attentif aux signaux pour les assistances électriques, la vigilance est la meilleure alliée du conducteur.


N’attendez pas qu’un symptôme apparent vous alerte : un entretien anticipé évite des interventions majeures et vous permet de profiter de votre véhicule en toute sécurité et sérénité sur la route. Gardez en mémoire que la direction assistée, aussi discrète qu’elle puisse paraître, reste un élément clé de la mobilité quotidienne et du plaisir de conduire.


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