Astuces d'achat

Papiers et documents importants à exiger avant de conclure un achat auto

Par Maxime
5 minutes

Les indispensables à vérifier avant de signer pour une nouvelle voiture


L’achat d’un véhicule d’occasion est une étape riche d’enjeux où la vigilance s’impose. Chacun rêve de trouver la bonne affaire, mais trop d’acquéreurs se lancent sans contrôler l’ensemble des papiers essentiels. De l’état civil du vendeur au passé du véhicule, en passant par les garanties, obtenir et vérifier les bons documents garantit un achat en toute légalité et sécurité. Voici le guide pratique pour ne rien oublier au moment de conclure l’achat de votre future voiture.


Carte grise (certificat d’immatriculation) : la pièce maîtresse


Le certificat d’immatriculation, plus connu sous le nom de carte grise, atteste de l’identité et du statut du véhicule. Il ne doit pas seulement être présenté, mais également vérifié en détail. La carte grise doit comporter :


  • Le nom exact du vendeur, qui doit correspondre à l’identité de la personne avec laquelle vous concluez la transaction.
  • L’adresse du vendeur (pensez à vérifier qu’elle est à jour).
  • Les informations concernant le véhicule : marque, modèle, type, numéro de châssis (V.I.N. ou numéro de série), énergie, puissance, date de première mise en circulation, etc.
  • L’absence de mention « Véhicule endommagé » ou « Véhicule gravement accidenté ».

Attention : la carte grise doit être barrée, datée et signée le jour de la vente, avec la mention « vendu le » ou « cédé le », suivie de la date et de l’heure.


Certificat de situation administrative (ex certificat de non-gage)


Ce document officiel rassure l’acheteur : il atteste l’absence d’opposition au transfert du certificat d’immatriculation. Il garantit que la voiture n’est ni gagée (sous crédit non soldé), ni interdite de vente (saisie, vol, amendes impayées). Il doit être daté de moins de 15 jours au moment de la transaction.


Le vendeur doit vous le remettre impérativement. Si le certificat mentionne une opposition, la vente ne peut aboutir sans sa régularisation. Privilégiez l’extraction directe sur le site officiel du Service Public pour éviter les faux.


Le certificat de cession : la preuve de la transaction


Le certificat de cession Cerfa n°15776*02 (anciennement n°13754*03) est le document à remplir obligatoirement en deux exemplaires, un pour chaque partie. Il officialise le changement de propriété auprès de la préfecture. Il mentionne notamment :


  • L’identité complète de l’acheteur et du vendeur.
  • Les informations précises du véhicule.
  • La date et l’heure de la cession.

Ce document est indispensable pour effectuer la nouvelle demande d’immatriculation.


Le contrôle technique : obligatoire pour les occasions de plus de 4 ans


Toute voiture de plus de 4 ans doit disposer d’un contrôle technique de moins de 6 mois (ou de moins de 2 mois en cas de contre-visite). Il rassure sur l’état de sécurité et l’absence de défaillances majeures. Le procès-verbal vous est remis par le vendeur ; relisez attentivement les observations, notamment sur les points pouvant impliquer des frais prochainement (freins, corrosion, pollution, etc.).


Attention aux défauts majeurs ou critiques : une contre-visite obligatoire doit être réalisée, sinon le véhicule n’est pas vendable légalement.


Les factures d’entretien et réparations : l’historique, gage de transparence


Un vendeur rigoureux possède l’ensemble des factures d’entretien et de réparations (vidanges, courroie de distribution, embrayage, plaquettes de frein…). Ce dossier est le passeport santé de la voiture :


  • Prouve le suivi du véhicule et le respect du carnet d’entretien constructeur.
  • Permet de juger de la rigueur de l’ancien propriétaire.
  • Renseigne sur d’éventuelles avaries répétées ou récentes.

N’hésitez pas à demander à consulter ces documents. En leur absence, la prudence s’impose, car aucun entretien avéré ne laisse planer une incertitude sur l’usure mécanique réelle.


Le carnet d’entretien : un plus pour l’acheteur


Il n’est pas obligatoire, mais le carnet d’entretien complété et tamponné par un garage (idéalement le réseau constructeur) est un gage de suivi. Les tampons tracent les vidanges, entretiens, changements de pièces majeures et rappels constructeurs. Il permet aussi de vérifier la cohérence du kilométrage avec le compteur affiché.


La notice technique et le double des clés


Deux éléments souvent considérés comme accessoires, mais essentiels :


  • Notice technique, manuel d’utilisation : utile pour comprendre le fonctionnement des équipements, la maintenance de base, ou la réinitialisation de certains dispositifs électroniques.
  • Double des clés : exiger systématiquement toutes les clés en possession du vendeur. En cas d’absence, cela génèrera un coût supplémentaire non négligeable pour le futur acquéreur.

Contrat de vente ou facture (particulier et professionnel)


Lorsque l’achat s’effectue auprès d’un professionnel (garage, concessionnaire), une facture en bonne et due forme est obligatoire. Elle détaillera notamment :


  • Les coordonnées du vendeur et de l’acheteur.
  • L’ensemble des caractéristiques du véhicule (kilométrage certifié, options, date de mise en circulation).
  • Le prix TTC payé et la TVA éventuelle.
  • La garantie offerte, le cas échéant.

Entre particuliers, la remise d’une facture n’est pas obligatoire, mais la rédaction d’un contrat de vente, voire de conditions particulières (garantie contractuelle, paiement échelonné, etc.), peut éviter bien des litiges futurs.


Cas particulier : l’achat en LOA, LLD ou via une société


Si le véhicule a été acquis via une Location avec Option d’Achat (LOA), une Location Longue Durée (LLD) ou qu’il appartient à une société, vérifiez :


  • Que le transfert de propriété est bien accepté par l’organisme de financement et/ou approuvé par la société propriétaire.
  • Que le certificat de situation administrative mentionne « absence de gage ».
  • La présence de l’ensemble des documents d’identité des dirigeants sociaux, ou de la preuve de leur capacité à vendre le véhicule.

Justificatif d’identité et de domicile du vendeur


Un point crucial – et trop souvent négligé, notamment lors d’achats entre particuliers. Exigez une copie d’une pièce d’identité en cours de validité (CNI, passeport, titre de séjour) et un justificatif de domicile de moins de 3 mois (facture EDF, quittance…). Le but ? Lutter contre les ventes frauduleuses, le recel de véhicule volé, ou l’usurpation d’identité. Les coordonnées du vendeur doivent coïncider avec celles inscrites sur la carte grise et les autres documents remis.


Attestation d’assurance : pas indispensable, mais utile le jour J


L’assurance se transfère à l’acheteur après la vente, mais il est prudent de s’assurer que le véhicule est bien « en règle » jusqu’à la transaction. Un contrôle sur la validité de la vignette d’assurance délivre une information sur le sérieux de l’ancien propriétaire et minimise les risques d’impayés ou de sinistres en instance.


Récapitulatif : check-list de tous les documents à exiger


  • Carte grise (certificat d’immatriculation) rayée, datée et signée
  • Certificat de situation administrative récent
  • Procès-verbal de contrôle technique (véhicule de plus de 4 ans)
  • Certificat de cession Cerfa
  • Factures d’entretien et carnet d’entretien tamponné
  • Notice technique, manuel utilisateur, double des clés
  • Facture ou contrat de vente (notamment chez professionnel)
  • Justificatif d’identité et de domicile du vendeur
  • Attestation d’assurance (facultatif, mais recommandé provisoirement)

Les erreurs fréquentes à éviter


  • Ne pas vérifier l’identité du vendeur et la correspondance avec la carte grise.
  • Oublier le certificat de non-gage ou accepter un document dépassé.
  • Se satisfaire d’une promesse orale sans formaliser par un document signé.
  • Négliger de contrôler la validité du contrôle technique ou les mentions restrictives du procès-verbal.
  • Accepter l’absence de factures d’entretien pour un véhicule ancien ou à fort kilométrage.

En conclusion : sécurité et traçabilité, gages d’un achat serein


Un achat automobile réussi passe avant tout par la collecte, la vérification et la conservation méticuleuse des documents exigés. Ne cédez pas à la précipitation, même en cas de « bon plan » présenté comme une aubaine. Prendre le temps de demander et d’examiner chaque papier permet de limiter grandement le risque de vices cachés, de litiges ou de démarches administratives interminables.


Vous voici désormais prêt à aborder votre prochain achat automobile avec sérénité et à profiter de votre nouvel investissement sur la route, l’esprit libre !

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