Astuces d'achat

Comment détecter une arnaque lors de l’achat d’une voiture en ligne

Par Maxime
4 minutes

Pourquoi l'achat d'une voiture en ligne attire autant… et expose à certains risques

L’achat d’une voiture sur internet est devenu un réflexe courant pour beaucoup d’automobilistes français. Plateformes d’annonces, réseaux sociaux, sites d’enchères ou mandataires en ligne : l’offre est pléthorique, souvent à des prix attractifs. Mais si dénicher la perle rare derrière un écran présente de vrais avantages (gain de temps, comparaison facilitée, accès à tout le territoire), le risque d'arnaque est également bien présent. Arnaques au paiement, voitures inexistantes ou en mauvais état, démarches frauduleuses… Chaque année, des milliers d’acheteurs tombent dans des pièges parfois sophistiqués. Comment les repérer et s’en prémunir efficacement ?


Les arnaques les plus fréquentes lors d’une transaction automobile en ligne

Tous les pièges ne se ressemblent pas, mais l’expérience montre que certaines arnaques reviennent régulièrement. Voici les principales à connaître pour rester vigilant :


  • Le faux vendeur au profil rassurant : une annonce alléchante, un interlocuteur courtois, parfois même des documents officiels… mais le véhicule n’existe tout simplement pas.

  • L’usurpation d’identité : le fraudeur se fait passer pour un particulier, un garage ou même une concession officielle (avec logo, numéro SIRET et photos réelles volées).

  • Paiement frauduleux : demande d’acompte ou de paiement complet via des moyens non sécurisés (mandat cash, cartes prépayées, transferts internationaux non traçables).

  • Kilométrage trafiqué : la voiture est bien présente, mais son compteur a été modifié à la baisse pour gonfler son prix.

  • Voiture volée ou gagée : problème de papiers, ou véhicule dont la situation administrative est litigieuse, exposant l’acheteur à un risque de saisie.

  • Annonces trop récentes ou incohérentes : photos attrayantes, prix imbattables, mais le vendeur presse pour obtenir un paiement rapide.


Les réflexes à adopter à chaque étape

Quelques bonnes pratiques simples suffisent à éviter la majorité des arnaques. Avant toute prise de contact ou versement d’argent, gardez en tête ces réflexes :


1. Analyser soigneusement l’annonce

  • Méfiez-vous des prix « trop beaux » pour être vrais : comparez avec la cote Argus et d’autres annonces similaires.

  • Vérifiez la qualité des photos : certains arnaqueurs recyclent des images prises sur d’autres sites ou dans un pays étranger. Utilisez la recherche d’image inversée (Google Images, TinEye) pour repérer les doublons.

  • Lisez attentivement la description : texte bâclé, fautes grossières, constructions inhabituelles ; les escrocs utilisent souvent des traducteurs en ligne.


2. Prendre contact et dialoguer prudemment

  • Privilégiez un contact téléphonique ou une rencontre physique, même en visio si besoin. Les escrocs esquivent souvent les échanges directs ou ne parlent pas bien français.

  • Posez des questions précises sur l’entretien, les factures, l’origine du véhicule, les réparations effectuées. Écoutez les hésitations ou contradictions.


3. Examiner l’identité du vendeur

  • Exigez une photocopie (ou photo) de la carte grise barrée, du contrôle technique et d’une pièce d’identité : les informations doivent concorder.

  • Pour les professionnels, vérifiez l’immatriculation de la société sur infogreffe ou société.com, et la cohérence entre l’adresse de l’annonce et celle du siège.


4. Négocier le paiement en toute sécurité

  • Refusez tout acompte sans avoir vu la voiture en réel. Ne payez jamais par mandat cash, coupons PCS, ou virement international sans sécurisation.

  • Favorisez les modalités traçables : chèque de banque (vérifié en agence), virement bancaire sur place, application de paiement reconnue lors de la remise des clefs.


5. Effectuer l’inspection et l’essai

  • Ne vous déplacez pas seul(e) pour un rendez-vous inconnu. Privilégiez un endroit public ou en présence d’autres personnes.

  • Inspectez la cohérence entre l’état de la voiture, les factures et la description. Un expert indépendant, ou un centre de contrôle technique, peut rassurer pour quelques dizaines d’euros.

  • Demandez à voir le véhicule de jour, à froid, et testez tout (freins, clim, feux, connectique) lors de l’essai.


Signes d'alerte indiquant une possible arnaque

  • Annonce depuis l’étranger : le vendeur affirme être en déplacement, en vacances, ou travailler à l'étranger. Il promet une livraison après paiement intégral.

  • Refus d’une visite ou d’un essai : tout vendeur honnête accepte une inspection et un test du véhicule.

  • Paiement réclamé à distance sous prétexte d’urgence ou d’autres acquéreurs « pressés ».

  • Papiers manquants ou flous : carte grise, certificat de non-gage difficilement lisibles, ou documents administratifs incohérents.

  • Pression et relances insistantes : tentative d’obtenir un engagement rapide, parfois avec menaces de « dernier délai ».


Outils et vérifications complémentaires

  • Contrôlez le numéro VIN (identifiant unique du véhicule) : il figure sur la carte grise, les papiers d’entretien, le châssis et parfois le pare-brise. Saisissez-le sur Histovec.gouv.fr pour obtenir la situation administrative (gage, vol, etc).

  • Exigez le certificat de non-gage daté de moins de 15 jours.

  • Pour les professionnels, vérifiez leur existence légale, avis Google, SIRET actif, et privilégiez ceux accrédités par des labels ou fédérations reconnues (ex : Label VO, Fédération Nationale de l’Automobile…)

  • En cas de doute persistant, contactez la gendarmerie, une association de consommateurs ou la DGCCRF.


Quels recours pour l’acheteur en cas d’escroquerie ?

Même en prenant toutes les précautions, l’arnaque peut parfois aboutir. Dès les premiers soupçons (paiement frauduleux, non livraison du véhicule…), il faut agir vite :


  1. Déposez plainte au commissariat ou à la gendarmerie, en fournissant tous les éléments : échanges de mails, justificatifs de paiement, copies d’annonce.

  2. Contactez immédiatement votre banque pour tenter de bloquer ou tracer le paiement.

  3. Si la transaction vient d’un site, signalez l’annonce auprès de la plateforme.

  4. Prévenez d’autres acheteurs potentiels en publiant un avis ou une alerte sur des forums dédiés.


En France, la législation protège l’acheteur agissant de bonne foi, mais les démarches peuvent s’avérer longues. Un accompagnement par une association de victimes ou un avocat spécialisé accélère souvent la constitution du dossier.


En résumé : vigilance et vérification systématique

L’achat d’un véhicule sur internet ouvre de nouvelles perspectives, mais impose une vigilance accrue. Un prix trop attractif, un vendeur trop pressé ou distant, des documents douteux ou un paiement non sécurisé sont autant de signaux d’alarme. Prendre le temps de vérifier chaque étape, oser poser des questions, refuser toute pression et s’entourer de personnes de confiance : voilà les clés pour réussir son achat et éviter les pièges du web automobile.

Pour aller plus loin, consultez nos autres guides pratiques dédiés à l’achat auto en ligne et nos sélections de professionnels recommandés sur carnetnomade.com. 

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