Assurance & budget

Prendre en compte la franchise pour optimiser son budget auto

Par Maxime
5 minutes

Évaluer la franchise d’assurance auto : un levier souvent sous-estimé


Chaque automobiliste souscripteur d’une assurance se voit, tôt ou tard, confronté à la fameuse question de la « franchise ». Souvent reléguée au second plan lors de la signature du contrat, elle a pourtant un impact majeur sur le budget, au quotidien comme en cas d’imprévu. Comprendre la franchise, ses modalités d’application et les astuces pour en tirer parti, c’est s’offrir une assurance vraiment adaptée à sa situation financière. Focus pratique pour maximiser votre sécurité… et vos économies.


Qu’est-ce qu’une franchise ? Retour sur une notion-clé


La franchise représente la somme qui reste à votre charge lors d’un sinistre garanti par votre contrat auto. Elle se matérialise par un montant fixe et/ou un pourcentage que l’assureur « retient » sur l’indemnisation, le reste étant à payer de votre poche. Il existe plusieurs formes de franchises, à bien distinguer lors de la signature :


  • Franchise absolue : C’est celle qui s’applique systématiquement. Si la franchise est fixée à 300 €, vous ne serez indemnisé qu’à partir de 301 €. En dessous, l’assurance ne paie rien.

  • Franchise relative ou simple : L’assureur prend en charge la totalité des frais si ceux-ci dépassent la franchise. En-dessous, rien n’est indemnisé. Un fonctionnement fréquent sur les garanties bris de glace ou vol.

  • Franchise spécifique : Certaines garanties (vol, incendie, catastrophes naturelles) fixent leur propre niveau de franchise, souvent obligatoire.


Le montant de la franchise figure toujours sur vos conditions particulières : il varie selon la compagnie d’assurance, la formule choisie (tiers, tous risques…) et les options souscrites.


Pourquoi la franchise influence-t-elle directement votre budget auto ?


Le principe est simple : plus vous acceptez une franchise élevée, moins votre cotisation annuelle sera importante. À l’inverse, opter pour une « franchise basse » augmente la prime, car l’assureur prend en charge davantage de risques.


Cet équilibre est censé refléter votre gestion du risque : êtes-vous prêt à payer davantage « au cas où » (franchise réduite), ou préférez-vous économiser sur le long terme avec une prime allégée, en assumant le risque de payer une somme significative en cas de pépin ? C’est ce dilemme que chaque conducteur doit arbitrer selon son usage du véhicule, son historique sinistre et sa capacité à faire face à un aléa financier ponctuel.


Comparaison pratique : l’impact sur une année type


Imaginons deux polices d’assurance tous risques proposées à un automobiliste :


  • Police A : franchise de 150 €, cotisation annuelle de 740 €
  • Police B : franchise de 500 €, cotisation annuelle de 610 €

Si vous ne déclarez aucun sinistre, « l’économie » réalisée avec la franchise élevée représente 130 € chaque année. Mais en cas de sinistre responsable, la différence s’inverse car la somme à payer de votre poche sera bien supérieure. Pour beaucoup d’automobilistes, c’est ce calcul à moyen terme qui doit guider la décision.


Typologie des risques et choix de la franchise : un arbitrage à personnaliser


La pertinence d’une franchise élevée ou réduite dépend étroitement de votre profil :


  • Profil urbain et petit rouleur : Peu exposé, préférera une franchise élevée pour réduire le coût global.

  • Usage intensif ou zones à risques : Beaucoup de kilomètres ou stationnement sur voie publique multiplient les sinistres potentiels. Une franchise basse repose alors sur l’idée qu’un sinistre surviendra tôt ou tard.

  • Jeune conducteur ou antécédents : Les tarifs sont plus élevés, mais une franchise adaptée (ni trop haute ni trop basse) évite les mauvaises surprises en cas de première indemnisation.

Conseils pour bien choisir sa franchise auto


  1. Faites des simulations : Comparez les cotisations pour différentes franchises auprès de plusieurs assureurs ; le « gap » peut atteindre plusieurs centaines d’euros sur certaines formules tous risques.
  2. Analysez votre profil de risque : Votre fréquence d’utilisation, votre stationnement, votre région… Êtes-vous réellement prêt à assumer 500 € de franchise en cas d’accrochage ?
  3. Renseignez-vous sur les franchises spécifiques : Certaines garanties (bris de glace, vol, catastrophes naturelles) ont des franchises indépendantes du reste ; comparez-les dans le détail.
  4. Vérifiez la franchise relative du bris de glace : De nombreux contrats imposent une franchise sur ce type de sinistre, mais certains assureurs la suppriment en option – un atout à ne pas négliger si vous circulez souvent sur autoroute.
  5. Étudiez les options « rachat de franchise » : Moyennant une cotisation supplémentaire, il est possible (sur certains réseaux ou via des opérateurs tiers) de se faire rembourser la totalité ou une partie de la franchise en cas de sinistre.

Optimiser le montant de sa franchise au fil du temps


La franchise n’est pas une fatalité figée jusqu’à la fin du contrat. En fonction de votre expérience au volant et de l’évolution de votre situation (déménagement, stationnement sécurisé, multicontrats dans une même compagnie…), il est judicieux de demander à votre assureur d’ajuster votre niveau de franchise à tout moment, souvent sans surcoût.


Astuce pratique : Certains établissements en ligne permettent désormais de « piloter » ce paramètre depuis votre espace client. À surveiller lors de la date anniversaire de votre contrat ou après une négociation réussie…


Focus sur le rachat de franchise : solution d’équilibre


Le « rachat de franchise » consiste, pour l’automobiliste, à souscrire une assurance complémentaire, le plus souvent proposée par des courtiers ou lors de la location de voitures. Elle permet, en cas de sinistre, d’être remboursé du montant de la franchise non prise en charge par le contrat principal.


  • Si vous êtes locataire de véhicule (vacances, voiture de remplacement…), le rachat total ou partiel de la franchise garantit un trajet serein : vous ne paierez pas plusieurs centaines d’euros en cas de dommage léger.

  • Sur votre propre voiture, la souscription annuelle à une assurance « rachat » peut s’avérer utile pour les conducteurs exposés ou soucieux d’être indemnisés intégralement.

L’astuce : il est souvent moins coûteux de souscrire cette option auprès de votre assurance principale que lors de la location elle-même, où les prix peuvent flamber…


Anticiper les sinistres : franchise et prévention


Optimiser sa franchise, c’est aussi réfléchir aux moyens d’éviter de la mettre en jeu. Un bon stationnement, l’usage de dashcams, ou encore la conduite préventive réduisent significativement les risques de sinistres responsables ou non.


Parfois, accepter une petite réparation de carrosserie à ses frais, en dehors de tout sinistre déclaré, revient moins cher que d’activer une garantie et d’en subir une majoration de cotisation… et une franchise à régler. À méditer, surtout pour les micro-dommages et les véhicules déjà âgés.


Tableau récapitulatif : simulation d’impact réel


Montant de franchiseCotisation annuelleSinistre dans l’annéeDépense totale
150 €740 €Oui (accrochage 800 € réparations)890 €
500 €610 €Oui (accrochage 800 € réparations)1 110 €
150 €740 €Non740 €
500 €610 €Non610 €

En conclusion : la franchise, un outil de personnalisation pour un budget auto sous contrôle


La franchise d’assurance auto est bien plus qu'une simple ligne contractuelle : elle conditionne le rapport risque/économie de chaque conducteur. Mieux l’appréhender, la personnaliser et savoir la faire évoluer, c’est reprendre la main sur son budget automobile. Avant toute souscription – et lors de chacun de vos changements de véhicule ou de situation – comparez, simulez, questionnez. Et faites-en un levier, pas une contrainte. Ainsi, un contrat d’assurance optimisé vous apporte la sérénité… et de précieuses économies au fil du temps, sans sacrifier la protection.


Pour aller plus loin, pensez à demander conseil à un courtier, un comparateur en ligne, ou à demander un bilan personnalisé auprès de votre assureur. La maîtrise de la franchise commence là où s’arrête l’automatisme.

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