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Le retour des salons automobiles : ce qu’il faut retenir

Par Maxime
6 minutes

Un retour sur le devant de la scène automobile


Après plusieurs années marquées par des annulations, reports ou adaptations au format digital en raison de la crise sanitaire, les salons automobiles renaissent partout en Europe et dans le monde. Ce renouveau est loin d’être anodin pour les constructeurs, les passionnés et l’ensemble de la filière. Entre regain d’intérêt du public, nouvelles tendances industrielles et défis écologiques, les salons s’imposent à nouveau comme des temps forts du calendrier auto. Mais qu’en attendre concrètement en 2024 ?


Pourquoi ce regain d’intérêt pour les salons automobiles ?


L’automobile reste un produit de passion et d’innovation, pour lequel le contact direct prend tout son sens. Les expositions en grandeur nature, l’accès explicatif aux modèles, le dialogue avec les équipes des marques et la possibilité d’essayer ou d’observer les innovations en 3D séduisent au-delà du digital. Si les outils numériques facilitent la découverte et la préparation de l’achat, l’émotion et l’émerveillement restent intacts lors d’un salon, en particulier auprès du jeune public et des amateurs d’autos historiques.


Pour les constructeurs, revenir physiquement sur scène est aussi stratégique : lancer une nouveauté, fédérer équipes et réseaux, sonder la réception d’une étude ou d’un concept car permet de mesurer le pouls du marché. Même les marques qui avaient déserté certains salons réapparaissent, soucieuses de ne pas laisser à d’autres tout l’espace médiatique.


Un panorama renouvelé des grands salons auto


En 2024, plusieurs événements majeurs font leur retour – parfois sous formes réinventées, alternant expositions traditionnelles, journées professionnelles et animations grand public.

  • Le Mondial de l’Auto à Paris : rendez-vous phare des passionnés français, il revient à la Porte de Versailles avec une formule plus compacte, centrée sur l’électromobilité, l’innovation et l’essai sur piste urbaine.
  • Le Salon de Genève : déplacé en 2023 à Doha, il retrouve la Suisse et un format accessible, orienté sur la mobilité durable et la voiture compacte européenne.
  • IAA Mobility à Munich : héritier du Salon de Francfort, il incarne la diversification des mobilités : e-bikes, voitures connectées, services à la demande et véhicules électrifiés côtoient la berline traditionnelle.
  • Rétromobile à Paris : temple du véhicule de collection, il ne désemplit pas, surfant sur la mode du patrimoine roulant, de l’électrification des classiques et du vintage revisité.

À l’international, Los Angeles, Tokyo, Shanghai et Barcelone misent aussi sur le retour en présentiel, certains organisant leur salon en alternance avec d’autres villes, pour mieux répondre à la mobilité future.


Nouvelles attentes du public et transformations des exposants


Le visiteur actuel ne vient plus seulement “en rêveur”. Il attend des expositions modernes :

  • Sensibilisation à la transition énergétique : innovations électriques, bornes domestiques, simulateurs de recharge…
  • Expériences immersives : essais dynamiques, ateliers digitaux, présence d’influenceurs auto en direct.
  • Interactions personnalisées : stands modulables, échanges avec des ingénieurs, configurations sur bornes interactives.
  • Sécurité et assurance : conseils pratiques, simulateurs de freinage d’urgence, découverte des dernières technologies ADAS.

Côté constructeurs, l’heure est à la rationalisation des coûts : plus question de dépenser des millions pour un stand démesuré. Les groupes privilégient des surfaces modulables, parfois partagées avec leurs marques sœurs, et misent davantage sur la qualité des démonstrateurs que la quantité de véhicules exposés.


La voiture électrique vedette incontestable


Impossible de visiter un salon auto en 2024 sans remarquer la montée en puissance de l’offre électrique, qu’il s’agisse de citadines abordables, de SUV familiaux ou de modèles sportifs à hautes performances. Les concepts futuristes, autrefois cantonnés aux prototypes, se matérialisent de plus en plus rapidement sur les routes.


  • Prolifération de modèles : chaque marque cherche à présenter au moins deux ou trois nouveautés électrifiées, voire la totalité de sa gamme à terme.
  • Développements sur l’autonomie et la recharge : batteries à électrolyte solide, recharges ultrarapides, solutions de recharge réversible maison…
  • Intégration des aides et des simulations de budget : stand-outils pour simuler la rentabilité d’une électrique selon votre profil, avec ou sans bornes publiques.

Les stands dédiés aux infrastructures (Wallbox, opérateurs de recharge, assurance mobilité verte) marquent aussi la transformation profonde de l’écosystème auto traditionnel.


Les nouveaux acteurs et la diversification des mobilités


Les salons sont désormais la vitrine d’une mutation plus large : au-delà des seuls constructeurs historiques, de nombreux nouveaux venus s’invitent sur les stands. Start-up spécialisées dans la recharge, industriels de la batterie, distributeurs de micro-mobilités (scooters, vélos électriques, trottinettes), acteurs de l’assurance connectée et même plateformes d’auto-partage ont leur place.


Cette diversification s’explique par l’évolution des usages : la voiture, surtout en centre-ville, n’est plus systématiquement individuelle et thermique. Les visiteurs découvrent donc des solutions globales : abonnements multi-mobilité, stations de recharge partagée, bornes solaires, contrats d’assurance adaptés à la voiture électrique ou l’autopartage.


Essais, démonstrations et ateliers pratiques : l’autre force des salons modernes


Un des atouts majeurs du « retour » des salons est l’émergence de véritables espaces d’essais réservés aux visiteurs, qu’il s’agisse de pistes en extérieur ou de circuits urbains reconstitués en intérieur. Essayez une citadine électrique, un SUV familial, une moto ou même un vélo cargo devient possible : un levier de déclenchement essentiel pour de nombreux candidats à l’achat.


Autre nouveauté, des ateliers participatifs permettent de se former à l’entretien d’un véhicule électrifié, d’appréhender les enjeux de la recharge, ou de simuler le coût global de possession d’une voiture hybride. Les visiteurs peuvent se renseigner sur les aides à l’achat, la fiscalité, la compatibilité Crit’Air ou encore l’installation d’une borne à domicile grâce à des conseillers sur place.


L’avenir des salons : moins de gigantisme, plus d’expérience utilisateur


Face à la multiplication des lancements en ligne et aux restrictions budgétaires, les organisateurs adaptent leur formule : salons plus compacts, davantage centrés sur l’échange et l’innovation, mais aussi partenariats renforcés avec les médias, influenceurs et plateformes digitales.


Les salons régionaux (comme Lyon, Nantes ou Marseille) connaissent également une nouvelle jeunesse, en misant sur la proximité, le format familial et la possibilité d’essais réservés. Ce modèle « décentralisé » complète judicieusement les grands rendez-vous internationaux, tout en valorisant la filière locale et les enjeux spécifiques d’une région : électrification rurale, mobilité partagée en ville, assurance et budget auto adaptés…


Quelques chiffres clés du renouveau


  • Le Mondial de l’Auto 2022 a accueilli 400 000 visiteurs en 5 jours, démontrant la vitalité du rendez-vous malgré une offre réduite.
  • Près d’un visiteur sur deux demande des informations sur l’électrique ou l’hybride, contre un sur dix en 2018 (source : organisateurs MAAF – Paris 2023).
  • La part des essais sur place dans la décision d’achat a doublé depuis 2019, selon une enquête menée auprès des distributeurs partenaires.
  • 80 exposants “non constructeurs” s’invitent désormais dans les plus grands salons, couvrant assurance, recharge, et mobilité partagée.

Conseils pratiques pour profiter pleinement d’un salon automobile


  1. Préparez votre visite: listez les modèles que vous ciblez, découvrez les horaires des essais et repérez les conférences thématiques pour ne rien manquer.
  2. Inscrivez-vous en ligne: nombre de salons proposent une inscription à l’avance pour les essais ou ateliers pratiques, avec créneau réservé.
  3. Prévoyez du temps pour les conseils budgets et assurances: les stands dédiés permettent de comparer en direct coûts totaux, offres de location ou packs d’assurance.
  4. Posez vos questions: les exposants sont de plus en plus formés à l’accompagnement (installation de bornes, fiscalité, contraintes ZFE, fonctionnement des aides publiques…).
  5. Ne négligez pas les stands de mobilité alternative: vous pourriez découvrir une solution pertinente à vos besoins du quotidien (vélo électrique, scooter urbain, solution d’autopartage de quartier).

Enfin, pour les familles, les espaces enfants, stands interactifs et circuits de mini-voitures font la part belle à la pédagogie et à l’éveil aux nouveautés automobiles, gage d’une visite aussi ludique qu’instructive.


L’avis de la rédaction : un virage plus humain et utile pour l’auto


La nouvelle génération de salons automobiles, moins « grand-messe » ostentatoire, plus conviviale et tournée vers le quotidien, s’aligne sur les attentes contemporaines. Pour les lecteurs de Carnet Nomade, qui cherchent à concilier mobilité responsable, choix avisé et découverte, ce retour offre autant d’occasions de s’informer, d’essayer et de comparer concrètement les solutions d’aujourd’hui et de demain.


Les salons ne sont plus seulement des vitrines : ils deviennent des plateformes d’éducation, d’accompagnement et d’expérimentation. Dans un secteur en pleine mutation, leur vocation de carrefour entre innovation, expérience utilisateur et culture auto s’affirme plus que jamais.


La conclusion ? Pour bien choisir sa prochaine voiture, électrique ou non, rien ne remplacera jamais totalement la possibilité de la découvrir, la toucher et l’essayer dans un salon, sous le regard bienveillant de professionnels prêts à guider et conseiller. Rendez-vous sur les prochains salons pour vivre l’automobile autrement !

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